La seule façon de ne pas renforcer le FN est de voter contre lui

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La candidate du Front national Marine Le Pen sur le marché de Rouvroy, près d'Hénin-Beaumont, le 24 avril 2017. Photo Alain Jocard.

Aux Insoumis de dire s’ils acceptent d’entrer dans des alliances ou s’ils préfèrent assurer leur pureté. Aux macronistes de décider s’ils souhaitent continuer à cracher sur les électeurs dont ils réclament le vote.

Quelle fête étrange et triste. D’un côté, Emmanuel Macron qui ne fait aucun effort fédérateur et qui ne comprend pas qu’on ne peut pas faire la morale à des gens qui veulent s’abstenir parce qu’il leur est insupportable de voter pour un candidat dont ils pensent qu’il va aggraver la violence sociale à laquelle ils sont soumis en tant que précaires, exploités ou chômeurs.

À côté de lui, des éditorialistes qui ne trouvent rien de mieux à faire que d’amalgamer au fascisme ceux qui veulent que la question sociale soit posée et tenue sans démission. Une campagne qui semble ainsi faite pour humilier les électeurs potentiels de Macron et les inciter à s’abstenir, voire à voter contre lui.

De l’autre côté, un leader charismatique qui fait soudainement semblant de ne plus être un chef et qui se perd en contorsions bavardes pour garder le silence, tout en prétendant qu’il ne s’agit pas de silence, et qui termine son discours en disant seulement : «mettez-vous en mouvement» — il ne pouvait pas dire «en marche», c’était déjà pris.

Un leader bruyant qui finit aphone, dans l’absurdité de la position d’un chef politique qui fait de son vote un «choix intime», dans un geste de privatisation radicale de la sphère publique politique. La stratégie populiste qui associe rhizome anarchique et verticalité gaullienne débouche dans une impasse : non seulement aucune perspective de recomposition de la gauche n’est esquissée, mais elle semble explicitement récusée au nom du «dégagisme». «Ou vous êtes avec les purs, ou vous êtes ailleurs.»

La stratégie présidentielle qui avait su créer un rassemblement fragile de la gauche sociale (rassemblement dont Jean-Luc Mélenchon néglige ce qu’il pourrait devoir au ratage de la campagne de Benoît Hamon) risque fort, dans de telles conditions, de (...)

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