"Il s'est fait piéger par Daesh": le père d'un lycéen qui projetait un attentat en Ardèche témoigne

C'est sur le quai du Rhône, à Guilherand-Granges, que Sofiane E. Projetait de commettre un attentat terroriste.  - Capture Google Street View
C'est sur le quai du Rhône, à Guilherand-Granges, que Sofiane E. Projetait de commettre un attentat terroriste. - Capture Google Street View

Sofiane E., un lycéen de 18 ans, projetait une attaque au couteau à Guilherand-Granges, en Ardèche, avant d'être arrêté par la DGSI le 20 mai dernier.

La dérive d'un lycéen que personne n'avait vue venir. Sofiane E., 18 ans, a été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et placé en détention provisoire le 24 mai dernier, soupçonné de projeter un attentat au couteau à Guilherand-Granges, en Ardèche, rapporte ce lundi Le Parisien. L'adolescent prévoyait de frapper à l'aveugle sur le quai du Rhône, un endroit très prisé des promeneurs.

"Toute la famille est sous le choc. Sofiane n'a jamais été un voyou ou un trafiquant, c'était un lycéen ordinaire. En dix-huit ans, il n'a jamais fait de bêtises. [...] Jamais je ne l'aurais cru capable de terrorisme comme on voit à la télé", commente, interviewé par nos confrères, le père du suspect.

Interpellé par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 20 mai, Sofiane E. a confirmé sa volonté de commettre un acte terroriste, interrogé dans les locaux de la DGSI, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Preuve qu'il voulait passer à l'acte: il avait tourné, quelques heures avant de se faire arrêter, une vidéo d'allégeance à l'Etat islamique tout en évoquant son projet.

En contact avec un jihadiste en Syrie

Selon nos confrères, l'adolescent avait préparé son plan minutieusement, prévoyant plusieurs points d'attaque sur une carte. C'est grâce à des discussions inquiétantes sur les réseaux sociaux que la DGSI est remontée jusqu'à lui: depuis trois mois, Sofiane E. était en relation avec un jihadiste russophone localisé en Syrie. Il semblait être sous son influence.

"Il allait passer les épreuves du bac le 15 juin. Pour moi, il s'est fait piéger par Daesh. Ces gens-là profitent que les jeunes soient en construction intellectuelle pour leur laver le cerveau", estime son père dans Le Parisien.

"Il ne manquait de rien"

Ce dernier est sous le choc, quelques semaines après avoir découvert la radicalisation de son fils. Et pour cause: tous les contacts se faisant depuis le téléphone de Sofiane E., le père n'avait pas décelé de signe annonciateur. Il évoque seulement certaines remarques ou comportements qui ont pu le surprendre de la part de son fils.

"Le gamin sortait parfois du salon quand je mettais de la musique, du rap ou du hip-hop des années 1990. Il disait que c'était haram ("sacrilège", ndlr). Une autre fois, je l'ai repris car il disait que les femmes devaient être voilées, et moi je lui disais qu'elles étaient libres de leur choix", poursuit-il.

Auprès de nos confrères, il évoque un lycéen de terminale sans histoires, plutôt timide, mais ayant des amis à l'école, et qui comptait faire des études après le baccalauréat. "Il ne manquait de rien. J'aimerais le remettre sur le droit chemin", conclut le père du suspect. Les enquêteurs doivent encore déterminer précisément quel rôle le jihadiste avec qui Sofiane E. était en contact a joué dans sa radicalisation.

Article original publié sur BFMTV.com

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