Service nationale obligatoire : vers une simple semaine de "vie partagée" ?

Illustration de soldats – AFP
Illustration de soldats – AFP

Promis par Emmanuel Macron, le retour du service national universel pourrait se cantonner à une simple semaine en “internat”, selon le journal l’Opinion.

Qu’il est loin le temps où Emmanuel Macron promettait le retour du bon vieux service national, mixte, obligatoire et qui durerait “entre trois et six mois”. Fortement souhaité par le président de la République, ce projet de service national universel pourrait bien se réduire comme une peau de chagrin, selon le journal l’Opinion.

Le général Daniel Ménaouine, diligenté sur ce dossier, doit rendre ses conclusions quant à la faisabilité de la promesse présidentielle à la fin du mois. Mais le groupe de travail qu’il dirige pourrait préconiser une diminution drastique de la durée initialement souhaitée par le chef des armées. Pendant la campagne, le candidat Macron appelait pourtant de ses vœux en mars 2017 :

“Un service national obligatoire de durée courte, obligatoire et universel (…), permettant à l’ensemble de notre jeunesse de faire l’expérience de la vie militaire”.

Faute de casernes disponibles, l'”expérience de la vie militaire” tant désirée par le chef de l’Etat, pourrait ainsi se cantonner à un simple “temps de vie partagée” à l’occasion d’une “semaine” vécue en “internat”. C’est du moins la piste privilégiée pour l’instant, précise l’Opinion.

Plus de mixité sociale

Le constat effectué alors par le candidat d'”En Marche” reposait sur une défaillance de la mixité sociale qui ne permettrait plus à des jeunes Français d’horizons différents de faire une expérience commune. D’où l’idée d’un retour à un service national obligatoire, creuset des idéaux républicains. Objectif civique avoué : “facilite(r) la connaissance et la banalisation de l’autre : le délinquant, le bourgeois, le Français d’origine étrangère…”

“L’internat permet une prise de conscience de ce que peuvent être la pauvreté, la délinquance, la difficulté à lire ou s’exprimer, le décrochage scolaire ou social…”

Quel programme ?

Selon l’Opinion toujours, les sept jours des appelés seraient divisés en trois temps. Le premier moment serait consacré aux “activités militaires”. Les jeunes se verraient ainsi instruire les rudiments de la vie de soldat, avec cours de défense, de premiers secours et activité physique.

Un deuxième temps, “civique et citoyen”, serrait destiné à inculquer les “valeurs de la République et de l’Europe” aux jeunes. Enfin un troisième volet plus “médico-sociales” aurait pour objectif la détection de jeunes en rupture social et scolaire, ainsi que l’accompagnement aux premiers pas dans le marché de l’emploi, par la rédaction de CV notamment.

Une semaine pour faire un citoyen, un soldat et un jeune actif, le rêve macronien d’une jeunesse unifiée paraît à ce stade, sinon compromis, un rien moribond…

Service national : citoyens, citoyennes