A quoi sert la Journée mondiale des toilettes, qui a lieu tous les 19 novembre?

·4 min de lecture
Des toilettes mobiles pour les migrants, principalement haïtiens, rassemblés sous le pont à la frontière entre les États-Unis et le Mexique à Del Rio, au Texas, le 25 septembre 2021. - PAUL RATJE / AFP
Des toilettes mobiles pour les migrants, principalement haïtiens, rassemblés sous le pont à la frontière entre les États-Unis et le Mexique à Del Rio, au Texas, le 25 septembre 2021. - PAUL RATJE / AFP

"Qui se soucie des toilettes?" C'est la question posée par l'ONU ce vendredi, à l'occasion de la Journée mondiale des toilettes, qui a lieu tous les 19 novembre. La réponse est: près de la moitié de la population mondiale. En effet, 3,6 milliards de personnes ne disposent pas d'installations convenables en matière de toilettes. Ce qui en fait un enjeu sanitaire majeur.

L'objectif de cette journée est d'alerter sur "le fait que les toilettes – et les systèmes d’assainissement auxiliaires – souffrent d’un sous-financement, d’une piètre gestion et d’un désintérêt dans de nombreuses régions du monde", explique l'organisme onusien. Les conséquences de ce vaste problème d'accès peuvent, en effet, être dévastatrices pour la santé, l’économie et l’environnement, notamment au sein des populations les plus pauvres et les plus marginalisées.

L'accès à des installations convenables en matière de toilettes pour tous fait partie des objectifs de développement durable à l'horizon 2030 de l'ONU. Il s'agit, de fait, de "garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable".

700 enfants meurent chaque jour de maladies liées à l’eau

Lorsque certains membres d'une communauté ne disposent pas de toilettes sûres, la santé de tous est menacée. Le terme de "toilettes sûres" signifie plus spécifiquement des "services d’assainissement hygiéniques", soit des installations qui ne sont pas partagées avec d’autres ménages et qui traitent ou éliminent les excréments sur site, les stockent en toute sécurité avant leur transport et traitement hors site ou sont raccordées à un réseau d’égout en état de marche.

Effectivement, dans le cas contraire, les eaux (comme les sources d'eau potable, les rivières, les plages ou les cultures vivrières) se retrouvent ainsi très vite contaminées par les matières fécales. Il y a alors un risque de pollution des sols mais surtout, de propagation de maladies.

Selon l'association Vision du Monde, contactée par BFMTV.com, "2 milliards de personnes dans le monde boivent chaque jour de l'eau provenant de source contaminée par des matières fécales". Chaque jour, ce sont plus de 700 enfants de moins de 5 ans qui meurent de maladies liées à l’eau, telles que le choléra, la diarrhée, la dysenterie ou encore l’hépatite A.

Discriminations envers les filles et les femmes

Le difficile accès aux installations sanitaires perpétue également les discriminations et les inégalités entre les femmes et les hommes. Sans toilettes fermées ou non-mixtes dans leurs établissements scolaires, les filles qui ont leurs règles rencontrent de nombreuses difficultés dans la gestion de leur hygiène menstruelle. Elles ne peuvent se changer, vivent de nombreuses situations incommodantes, et subissent parfois des moqueries.

Pour toutes ces raisons, les filles s’éloignent des bancs de l’école lorsqu’elles ont leurs règles et risquent chaque mois d’abandonner complètement leur scolarité.

Pourtant, l'ONG Vision du Monde rappelle que, dans le monde, "une école sur trois ne dispose pas de toilettes adéquates et non-mixtes" et "deux écoles sur cinq ne possèdent toujours pas de services d'hygiène de base, privant ainsi 818 millions d’enfants d’infrastructures, notamment pour se laver les mains".

De plus, avoir des toilettes dans les écoles permet également de protéger les élèves d’éventuels dangers extérieurs lorsque ces derniers doivent s’éloigner de l’établissement pour faire leurs besoins.

Populations rurales et pauvres

Cette crise de l’assainissement touche en majorité les populations des milieux ruraux et pauvres d’Afrique subsaharienne, d’Océanie ou encore d’Asie du Sud. Dans les bidonvilles et les camps de réfugiés, le manque de toilettes vient exacerber l’insalubrité des lieux de vie des nombreuses familles, mettant en danger leur santé. Dans les pays en développement, près de 500 millions de personnes sont contraintes, faute de toilettes, de déféquer à l’air libre.

La Journée mondiale des toilettes joue alors un rôle essentiel dans la mise en lumière de cette problématique majeure. Selon l'ONU, "chaque dollar investi dans des services sanitaires élémentaires rapporte jusqu’à cinq dollars, grâce au recul des maladies et aux gains de productivité, en plus de créer des emplois tout au long de la chaîne de services".

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles