Serena Williams et Roland-Garros : le bas blesse

Libération.fr

Enfin une bonne nouvelle pour les partisans de l’ancien monde catastrophés par la vague #MeToo et le renouveau féministe collatéral : Bernard Giudicelli veille au grain. Dans un entretien accordé à Tennis Magazine, le président de la Fédération française de tennis (FFT) a annoncé que Serena Williams ne pourra plus jouer à Roland-Garros vêtue de la spectaculaire combinaison-pantalon noire fuselée qu’elle arborait en mai sur la terre battue. Argument de Giudicelli, qui entend instaurer un nouveau dress code dans le tournoi français à partir de 2020 : «Je crois qu’on est parfois allé trop loin. La combinaison de Serena cette année, par exemple, ça ne sera plus accepté. Il faut respecter le jeu et l’endroit. Tout le monde a envie de profiter de cet écrin. Si je fais passer une émotion avec quelque chose qui est beau dans un endroit qui est beau, l’émotion est magnifiée.» Concrètement : les joueuses doivent jouer en robe ou jupe, sinon c’est moche pour l’image de Roland-Garros et du tennis.

Quelle fatigue. Il va donc falloir rappeler au moins deux choses à Bernard Giudicelli. D’abord, qu’une joueuse de tennis, comme toute femme, n’est pas une plante verte, un élément de décorum. Ensuite, qu’un tournoi de tennis n’est pas une Fashion Week mais une compétition : les sportifs ne sont pas des mannequins mais des athlètes, dont on attend qu’ils atteignent la plus haute marche du podium en faisant la différence par leur force, leur vélocité, leur agilité, leur souplesse, leur précision, leur acuité, leur résistance. Des qualités que Serena Williams incarne depuis vingt ans, avec 39 titres de Grand Chelem dans sa besace, ce qui fait d’elle une des plus grandes joueuses de tous les temps. Sachant que Serena y met la manière : explosivité, fougue, panache, son jeu d’attaquante est un régal. Bilan, la tornade américaine a réconcilié avec le tennis féminin plus d’un spectateur lassé par les interminables échanges du fond du court. D’ailleurs, à la place de Serena Williams, on (...)

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