Serbie : trois Français interpellés pour le rapt d'une fillette

L'arrestation d'un des suspects

La scène se déroule vendredi 13 mars sur un marché de Belgrade, capitale de la Serbie.

Un homme accoste une femme et lui arrache la fillette qu'elle tient dans ses bras. Une enfant de deux ans. Une bousculade, des cris et très vite une course poursuite qui s'engage avec la police.

Il ne faudra pas moins de trois heures aux forces de l'ordre pour coincer finalement le véhicule du ravisseur et de ses complices, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec la Croatie.

La fillette est récupérée en bonne santé et remise à ses parents, morts d'inquiétude.

Un scenario rocambolesque mais qui le devient encore plus lorsque peu à peu les motifs de cette tentative d'enlèvement s'éclaircissent.

En effet, à bord du véhicule, la police serbe a interpellé trois ressortissants français : le ravisseur âgé de 50 ans, son épouse plus jeune de deux ans, et leur fille, une jeune femme de 26 ans. Tous les trois sont originaires du Gard.

Un stratagème machiavélique

D'après les premières déclarations des suspects auprès de la police locale, leur but n'était pas de soustraire définitivement la fillette à ses parents. Ils souhaitaient seulement "l'utiliser" dans une affaire de séparation conflictuelle.

La jeune femme de 26 ans est elle-même mère d'une fillette de 2 ans, mais elle redoute d'en perdre la garde dans le cadre de la procédure judiciaire qui l'oppose à son ancien compagnon, père biologique de l'enfant.

Aussi, dans l'imagination du trio est née l'idée de remplacer une fillette par une autre, très ressemblante, le temps de procéder à un test de paternité.

Le résultat ainsi faussé aurait permis de destituer l'ex-compagnon de sa paternité.

Les ravisseurs, selon leurs dires, envisageaient ensuite de retourner en Serbie pour rendre l'enfant.

Une peine de 15 ans de prison

Cette affaire à peine croyable a créé une vive émotion parmi la population serbe. A tel point que le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur sont intervenus en direct à la télévision pour commenter cette affaire et surtout exiger des sanctions exemplaires.

Les ravisseurs déjà connus de la justice française pour divers délits risquent jusqu'à 15 ans de prison.