La Serbie et le Monténégro expulsent leurs ambassadeurs sur fond de tensions identitaires

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Dans un accès de tension, le Monténégro et la Serbie ont expulsé, samedi 28 novembre, leurs ambassadeurs respectifs, alors que les relations entre les deux pays de l'ex-Yougoslavie sont difficiles depuis leur séparation en 2006. La veille, le représentant de la Serbie avait affirmé que la perte de l’indépendance du Monténégro, en 1918, avait été une « libération ».

Une nouvelle tension pour des raisons historiques entre les deux pays de l’ex-Yougoslavie. Le Monténégro a déclaré l'ambassadeur de Serbie, Vladimir Bozovic, persona non grata pour « ingérence dans (ses) affaires intérieures », a indiqué le ministère des Affaires étrangères du Monténégro, lui donnant 72 heures pour quitter le pays.

La Serbie a immédiatement annoncé une mesure réciproque : l'ambassadeur du Monténégro, Tarzan Milosevic doit quitter le pays dans les 72 heures, a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

L'ambassadeur de Serbie, Vladimir Bozovic, avait qualifié vendredi 27 novembre de « libération » la décision de 1918, lorsqu’une assemblée avait décidé que le Monténégro devait perdre son indépendence pour rejoindre la Serbie dans le royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Ce royaume allait ensuite devenir, en 1929, le royaume de Yougoslavie.

Selon l’ambassadeur, il s’agissait d’ « une expression libre de la volonté du peuple de s'unir avec la Serbie sœur », a-t-il déclaré lors de la réunion d'une association représentant les Serbes monténégrins.

L’identité nationale, un sujet de vives tensions au Monténégro

« Bozovic a, de la façon la plus directe, dénigré l'État qui lui a donné l'hospitalité diplomatique », a souligné le ministère des Affaires étrangères à Podgorica.

Les questions identitaires sont sources de tensions entre les deux pays, alors que le Monténégro a proclamé son indépendance par rapport à la Serbie en 2006. Selon le recensement de 2011, près de 30% des 620 000 habitants du Monténégro se déclarent serbes. Une partie d'entre eux sont remontés contre la volonté du président de consolider l'identité nationale du Monténégro.

De manière symbolique, les législateurs monténégrins ont adopté en 2018 une résolution annulant les décisions de l'assemblée de 1918.

(Avec AFP)