Serbie : la Marche des fiertés a bien eu lieu à Belgrade

Serbie : la Marche des fiertés a bien eu lieu à Belgrade

Des milliers de membres de la communauté LGBTQ+ ont finalement pu défiler ce samedi à Belgrade. L’EuroPride, événement paneuropéen qui se déroule chaque année dans une ville différente, avait dans un premier temps été interdit par les autorités serbes pour des questions de sécurité. Mais sous la pression des organisateurs, la Marche des fiertés a bien eu lieu.

Vladimir Bilčik, membre slovaque du Parlement européen s'en est réjouit : "Ce n'est pas un événement facile à organiser. C'est la première fois que nous avons une EuroPride non seulement à Belgrade, non seulement en Serbie, mais dans toute l'Europe du Sud-Est, dans les Balkans occidentaux."

D'importantes forces de police anti-émeutes ont été déployées aux abords du rassemblement. Des échauffourées sans gravité se sont produites entre policiers et contre-manifestants, une trentaine de personnes ont été interpellés selon le ministère serbe de l’Intérieur. Après l’interdiction de l’évènement, plus de 20 ambassades, dont celles des Etats-Unis, de France, d'Allemagne et du Japon, avaient appelé dans un communiqué conjoint la Serbie à revenir sur sa décision.

"C'est l'ingrédient de base d'une démocratie libérale, dit Thomas Waitz, coprésident des Verts européens. Et comme nous espérons tous que la Serbie évolue vers une démocratie libérale, rejoignant enfin le club européen, c'est un geste important pour montrer que la Serbie est enfin arrivée dans la famille des pays européens."

Candidate à l’adhésion à l'Union européenne depuis une décennie, la Serbie ne convainc pas tous les Etats membres quant à son bilan en matière de droits humains. Le mariage homosexuel n'est toujours pas légal dans ce pays de moins de sept millions d'habitants. Et l'homophobie y est profondément enracinée malgré quelques progrès contre les discriminations.

Le weekend dernier, des milliers de personnes, gangs de motards, prêtres orthodoxes et nationalistes d'extrême droite, étaient descendues dans la rue pour réclamer l'annulation du défilé.