Sept semaines de mobilisation contre la réforme des retraites

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Cortège des opposants à la réforme des retraites, du 5 décembre 2019 à Paris

Paris (AFP) - Rappel des principales étapes de la mobilisation contre la réforme des retraites, de la journée d'action du 5 décembre à la présentation du projet, vendredi en conseil des ministres.

Ce projet de réforme vise à supprimer les 42 régimes existants (privés, spéciaux, des fonctionnaires etc.) pour créer un système de retraite universel par points.

- Forte mobilisation -

Le 5 décembre a lieu la première journée nationale d'action. La grève, reconductible à la SNCF et à la RATP, perturbe fortement les transports. Chez les enseignants, elle atteint des taux records depuis 2003 malgré des promesses gouvernementales de revalorisations salariales.

Entre 806.000 manifestants (selon le ministère de l'Intérieur) et 1,5 million (selon la CGT) défilent en France, dont 65.000 à 250.000 à Paris.

- "Transitions progressives" -

Le lendemain, le Premier ministre Edouard Philippe se dit ferme sur "la disparition des régimes spéciaux" mais prêt à des "transitions progressives".

"Nous tiendrons jusqu'au retrait", prévient le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. Le 10 décembre, entre 339.000 (ministère de l'Intérieur) et un million de personnes (CGT) manifestent en France (31.000 à 180.000 à Paris).

- Age pivot -

Le 11, Edouard Philippe annonce que le système universel s'appliquera à partir de la génération 1975. Mais chez certains fonctionnaires et agents de régimes spéciaux, les premières générations concernées seront celle de 1980, voire 1985.

Pour résorber le déficit du système, un dispositif de bonus-malus incitera à travailler plus longtemps, avec un "âge d'équilibre" atteignant 64 ans en 2027.

Cet âge pivot appliqué progressivement dès 2022 fait basculer la CFDT, favorable sur le principe au système universel, dans le camp des opposants. "La ligne rouge est franchie", selon son secrétaire général Laurent Berger.

- Delevoye démissionne -

Après une semaine de révélations sur des activités bénévoles non déclarées et d'autres rémunérées, le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye démissionne le 16 décembre. Il est remplacé par le député LREM du Nord Laurent Pietraszewski.

A l'appel cette fois de l'ensemble des syndicats, entre 615.000 (Intérieur) et 1,8 million (CGT) de personnes manifestent le 17 en France (76.000 à 350.000 à Paris).

CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU réclament le retrait du projet, CFDT, CFTC et Unsa l'abandon de l'âge pivot.

- Des "avancées" -

Le 19 décembre, à l'issue de rencontres avec les partenaires sociaux, Edouard Philippe relève des "avancées" mais les transports restent perturbés pendant les congés de fin d'année.

Au fil des jours, des concessions sont accordées à une dizaine de professions (policiers, pilotes de ligne, marins, danseurs de l'Opéra ...).

- Appel au compromis -

Le 31 décembre, Emmanuel Macron demande au gouvernement de trouver "un compromis rapide".

Le 7 janvier, la concertation gouvernement/syndicats reprend.

Entre 452.000 (Intérieur) et 1,7 million de personnes (CGT) manifestent le 9 en France (56.000 à 370.000 à Paris).

- Retrait sous conditions de l'âge pivot -

Le 11, alors que les opposants à la réforme défilent à nouveau (149.000 manifestants en France selon l'Intérieur, 500.000 d'après la CGT), Edouard Philippe se déclare "disposé à retirer", sous conditions, l'âge pivot de 64 ans en 2027.

Le Premier ministre invite les partenaires sociaux à participer à une "conférence de financement" suggérée par Laurent Berger. Mais il prévient que, faute d'accord d'ici fin avril, le gouvernement agira par ordonnance.

CFDT, Unsa et CFTC répondent favorablement. CGT, FO et Solidaires appellent à de nouvelles actions pour le retrait du projet. Le 16, 187.000 personnes manifestent en France, selon l'Intérieur.

La mobilisation se poursuit dans les ports, raffineries, à la Banque de France, à l'Opéra de Paris ou chez les avocats, elle s'essouffle dans les transports.

Une majorité d'assemblées générales votent la suspension de la grève illimitée à la RATP à partir du lundi 20 janvier, après 46 jours.

Septième journée d'action le 24, jour de présentation du projet de loi en conseil des ministres.