La Turquie frappe l'EI après l'attentat d'Istanbul

Sept personnes au total ont été interpellées dans le cadre de l'enquête sur l'attentat attribué au groupe Etat islamique qui a frappé mardi le coeur touristique d'Istanbul et coûté la vie à dix touristes allemands. /Photo prise le 14 janvier 2016/REUTERS/Murad Sezer

ANKARA (Reuters) - Des blindés et l'artillerie de l'armée turque ont pilonné des positions de djihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak au cours des dernières 48 heures, tuant près de 200 de ses combattants, en représailles à l'attentat suicide commis mardi à Istanbul et attribué à cette organisation, a annoncé jeudi le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.

"Après l'attentat de mardi (...), près de 500 obus de chars et d'artillerie ont été tirés sur les positions de Daech", a-t-il dit à Ankara dans le cadre d'une réunion des ambassadeurs de Turquie.

"Près de 200 membres de Daech, dont des chefs locaux, ont été neutralisés au cours des dernières 48 heures. Désormais, chaque menace visant la Turquie sera punie de la sorte", a-t-il ajouté.

L'attentat de mardi à Istanbul, commis place Sultanahmet dans le quartier historique de la ville, a coûté la vie à dix touristes allemands et plusieurs autres étrangers ont été grièvement blessés.

Selon le Premier ministre, les frappes de l'armée turque ont visé des positions djihadistes dans le secteur de Bachika, dans le nord de l'Irak, où Ankara a récemment déployé une unité de protection chargée de défendre les militaires turcs qui entraînent une milice irakienne à la lutte contre les extrémistes sunnites.

L'armée turque a également visé, en territoire syrien, un secteur des environs de Marea, à 20 km de la frontière turque, près de la limite d'une "zone de sécurité" que la Turquie veut mettre en place dans le nord de la Syrie pour tenir l'EI à distance.

"Nos frappes terrestres contre ces positions se poursuivent et, si nécessaire, notre armée de l'air entrera en action", a-t-il précisé.

Sept personnes ont été interpellées dans le cadre de l'enquête sur l'attentat, a annoncé le ministre turc de l'Intérieur, Efkan Ala, ajoutant que l'enquête se poursuivait "de la manière la plus exhaustive".

A Moscou, le ministère des Affaires étrangères rapporte que l'un des trois Russes arrêtés en Turquie après l'attentat était soupçonné d'appartenance à l'Etat islamique. Né en 1984, il se nomme Aïdar Souleimanov, a dit une porte-parole.

Le kamikaze qui a actionné ses explosifs était entré en Turquie en tant que réfugié syrien. Il a été identifié grâce à ses empreintes digitales enregistrées il y a une semaine dans un centre d'immigration. Né en Arabie saoudite, il était âgé de 28 ans, selon les médias.

L'explosion s'est produite non loin de la Mosquée bleue et de la basilique Sainte-Sophie, sur un site où des dizaines de Stambouliotes et de touristes ont déposé jeudi des oeillets en hommage aux victimes.

(Ercan Gurse, Daren Butler et Tulay Karadeniz, Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français)