Sept ans après la chute de Ben Ali, "il n'y a pas eu de révolution dans la redistribution des revenus" en Tunisie

franceinfo
Vincent Geisser, chargé de recherches au CNRS, a exprimé, dimanche, des craintes d'un durcissement de la répression en Tunisie alors que le pays est secoué par des mouvements protestataires du fait de la persistance de la pauvreté, du chômage et de la corruption.

Depuis sept ans et la révolution de Jasmin en Tunisie, s'il y a eu une démocratisation au niveau des institutions, "en termes de justice sociale, les effets de la révolution se sont fait beaucoup moins sentir", a estimé Vincent Geisser, dimanche 14 janvier sur franceinfo. Selon le sociologue et politologue français, chargé de recherches au CNRS, ce constat explique les mouvements protestataires dans ce pays du Maghreb. Face aux protestations, le chercheur craint "un durcissement sur le plan sécuritaire et une forme d'autoritarisme" de la part du régime en place.

franceinfo : Quelle est la situation de la Tunisie sept ans après la chute de Ben Ali ?

Vincent Geisser : On peut parler de deux démocratisations. L'une s'est faite et l'autre ne s'est pas faite. Sur le plan formel des institutions, il y a bien eu démocratisation, renouvellement du Parlement, premières élections libres et constitution véritablement démocratique. En revanche, en termes de dignité sociale et de justice sociale, les effets de la révolution se sont fait beaucoup moins sentir. On peut dire qu'à ce niveau la démocratisation reste toute relative. C'est une déception par rapport à une revendication majeure de la révolution qui était la dignité et la justice sociales, même si la situation économique et sociale n'était pas du tout bonne au moment où Ben Ali a quitté le pouvoir. Une grande partie des régions de l'intérieur de la Tunisie et des périphéries des grandes villes n'ont pas eu les fruits de cette révolution. Il n'y a pas eu (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi