"Je me suis sentie partir": piquée au bras dans une boîte de nuit, elle témoigne

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La piqûre sur le bras de Rose Julien - Rose Julien
La piqûre sur le bras de Rose Julien - Rose Julien

"Mon avant-bras me brûlait, je n'arrêtais pas de cracher et je n'arrivais pas à ouvrir les yeux. J'avais aussi des nausées et j'ai perdu connaissance." Samedi dernier, Rose Julien, une habitante d'Orléans âgée de 18 ans, sort avec ses amis en boîte de nuit à Montargis, dans le Loiret. Cette jeune femme en formation dans la vente est une habituée des discothèques de la région.

Mais pour l'heure, il n'est pas question pour elle de refouler à nouveau la piste de danse. "Je n'envisage absolument pas de retourner en boîte de nuit, ça m'a vaccinée." Car la jeune fille a été piquée, comme de nombreux autres clients et clientes de boîtes de nuit dans différentes villes de France - de Nantes à Grenoble en passant par Béziers - et pense avoir reçu une injection de drogue à son insu.

"À un moment dans la soirée, on est sorti prendre l'air avec mes amis et j'ai eu froid, se souvient Rose Julien auprès de BFMTV.com. Je suis retournée dans la boîte et là, une femme d'une vingtaine d'années m'a dit: 'ne reste pas seule' et m'a proposé de danser. J'ai accepté. On dansait, elle me touchait les bras et puis j'ai eu l'impression qu'un homme nous collait. La femme, elle, lui faisait des signes. J'ai pensé qu'elle voulait me protéger pour ne pas qu'il me colle. C'est là que j'ai eu un black-out."

"J'avais cette trace sur l'avant-bras"

Rose Julien émerge dans un fauteuil, entourée par les videurs de la discothèque. Elle ne sait pas comment elle est arrivée là mais elle se sent mal: envie de vomir, hypersalivation, incapacité à ouvrir les yeux. Et surtout une sensation de bûlure dans l'avant-bras.

"Les videurs se sont occupés de moi, ils ont compris que quelque chose n'allait pas. Je leur ai expliqué qu'une femme que je ne connaissais pas m'avait proposé de danser, qu'un homme était très proche de nous et qu'elle lui faisait des signes. Et puis j'avais cette trace sur l'avant-bras."

lls lui proposent de retourner sur la piste de danse pour tenter d'identifier les deux individus. C'est là qu'elle perd connaissance. "Je me suis sentie partir." Les pompiers et la gendarmerie sont appelés. Rose Julien est évacuée inconsciente vers l'hôpital, où elle se réveillera.

"Les médecins ont tout de suite pensé que j'étais ivre. Je leur ai pourtant dit que ce n'était pas la même sensation, je sais ce que c'est quand on a la tête qui tourne. Que je n'avais pas bu au point de tomber dans le coma (trois verres de rosé en début de soirée et une vodka Red Bull un peu plus tard, NDLR) mais ils n'ont rien voulu entendre."

"Pourquoi piquer les gens?"

Son taux d'alcoolémie n'est pas vérifié. Les médecins refusent également de lui prélever du sang et d'analyser son urine, assure la jeune femme. Des photos de son bras sont tout de même prises mais elle est renvoyée chez elle. Le lendemain, elle est contactée par la gendarmerie, qui lui demande de venir dans ses locaux. Elle dépose plainte.

"Le gendarme était à l'écoute et m'a cru. Mais il m'a dit qu'il fallait retourner à l'hôpital pour faire des analyses, que peut-être par chance ils trouveraient une infime trace de GHB." 876450610001_6304700732001

Elle retourne donc à l'hôpital où cette fois on lui prélève du sang. Mais les faits se sont produits trois jours plus tôt, les prélèvements ne donneront rien. Rose Julien se dit traumatisée.

"Je vis assez mal ce qui s'est passé d'ailleurs j'ai vu un psy pour en parler. Je me sens coupable d'avoir dansé avec cette femme, coupable de lui avoir fait confiance. C'était le seul moment de la soirée où j'étais seule, j'ai l'impression qu'on a abusé de ma confiance. Et puis pourquoi? Pourquoi piquer les gens?"

Rose Julien n'avait rien sur elle ce soir-là, ni téléphone ni moyen de paiement. "Ça n'a pas pu être versé dans ce que je buvais, la boîte met des capsules sur les verres. Je ne comprends pas." Un phénomène qui viendrait du Royaume-Uni, comme l'évoquait Ouest France.

À l'automne dernier, des incidents similaires se sont produits outre-Manche, rappelle un article du Times. Des jeunes femmes rapportaient avoir été droguées au moyen d'une seringue lors de soirées en boîte de nuit. Les cas étaient de plus en plus nombreux, à tel point qu'un vent de panique avait soufflé sur les nuits anglaises, selon le magazine The Week. Une campagne de boycott de ces lieux avait même été lancée pour donner l'alerte, baptisée Girls Night In, et pour demander davantage de mesures afin d'assurer la sécurité des femmes, notamment la fouille des sacs à l'entrée.

En France, plusieurs dizaines de signalements ont été effectués et des enquêtes ont été ouvertes dans différentes villes de France.

Article original publié sur BFMTV.com

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