"On a senti qu'on était la cible": une Française présente lors de l'attaque à Jeddah témoigne sur BFMTV

Salomé Vincendon
·3 min de lecture

"Il faut faire très attention et être très prudent", déclare Nadia Chaaya, conseillère des Français de l'étranger et témoin de l'attaque, qui explique cependant ne pas se sentir personnellement menacée.

"On a senti qu'on était la cible". Plusieurs personnes ont été blessées ce mercredi en Arabie Saoudite après un attentat à l'explosif au cimetière non musulman de la ville de Jeddah, lors d'une cérémonie commémorant l'armistice du 11 novembre 1918, qui réunissait des diplomates occidentaux de France, de Grèce, d'Italie, de Grande-Bretagne et des États-Unis. Une Française présente lors de cette attaque a témoigné quelques heures après les faits sur notre antenne.

Au moment de "la fin du discours du consul général, on a entendu cette explosion. Sur le coup on n'a pas vraiment très bien compris, mais on a senti qu'on était la cible", raconte sur BFMTV Nadia Chaaya, conseillère consulaire des Français de l'étranger. "Directement, on a vu la fumée, on était dans un moment de panique".

Des tensions dernièrement avec la France

"Quand l'explosion a eu lieu, j'ai tout de suite regardé derrière moi parce que le son venait de derrière. J'ai vu quelqu'un par terre, c'était un officier saoudien et de l'autre côté il y avait un autre officier, j'ai appris après que c'était un officier grec", continue Nadia Chaaya.

Les deux personnes touchées sont un employé consulaire grec et un policier saoudien qui "ont été légèrement blessés dans l'attaque", a précisé le gouvernorat. Le bilan total des blessés n'a pas encore été officialisé.

Cet attentat intervient deux semaines après une attaque au couteau qui a blessé un garde du consulat de France à Jeddah sur fond de colère de certains pays musulmans en raison de la publication de caricatures du prophète Mahomet par le journal satirique Charlie Hebdo. Le Quai d'Orsay avait par la suite appelé les Français sur place à la plus grande prudence. Mais aucun lien n'a pour l'heure été établi entre ces événements et l'attaque de ce mercredi matin.

"Il faut faire très attention et être très prudent"

"Bien sûr que l'on sent une menace, mais je ne me sens pas vraiment menacée parce que je suis depuis 20 ans en Arabie", déclare Nadia Chaaya. Elle raconte avoir reçu "beaucoup de messages d'amis saoudiens de soutien, de sympathie", mais parle également de "vigilance maximale, il faut faire très attention et être très prudent".

Louant les relations de la France avec le Moyen-Orient, Jean-Pierre Pont, directeur du Journal des Français de l'étranger, rappelle sur BFMTV que la ville de Jeddah est moins protégée que la capitale Riyad.

"Il faut que nos compatriotes soient extrêmement prudents, que le corps diplomatique soit également plus prudent. Quel était l'intérêt de faire cette cérémonie dans un lieu public avec les risques que l'on a?", s'interroge-t-il.

"La France condamne fermement ce lâche attentat"

"La France condamne fermement ce lâche attentat que rien ne saurait justifier", écrit le Quai d'Orsay dans un communiqué. "Elle assure les blessés de son soutien, leur souhaite un prompt rétablissement" et "appelle les autorités saoudiennes à faire toute la lumière sur cet attentat et à identifier et poursuivre ses auteurs.“

"Les services de sécurité ont lancé une enquête sur la lâche agression pendant un rassemblement de consuls étrangers", a indiqué mercredi le gouvernorat de La Mecque, dont dépend Jeddah.

Article original publié sur BFMTV.com