"Je me suis senti frustré": Olivier Véran revient sur la gestion de la crise sanitaire

"Je me suis senti frustré": Olivier Véran revient sur la gestion de la crise sanitaire
Olivier Véran, alors ministre de la Santé, à l'Assemblée nationale, le 22 février 2022 à Paris - Thomas COEX © 2019 AFP
Olivier Véran, alors ministre de la Santé, à l'Assemblée nationale, le 22 février 2022 à Paris - Thomas COEX © 2019 AFP

Olivier Véran, actuel porte-parole du gouvernement et ancien ministre de la Santé, se confie sur la gestion de l'épidémie de Covid-19. Dans un entretien accordé à Ouest-France à l'occasion de la sortie de son livre Par-delà les vagues, journal de crise au cœur du pouvoir, il évoque différents aspects de la crise sanitaire, parmi lesquels sa "frustration" sur la gestion de certains dossiers.

"Je me suis senti frustré sur des sujets pour lesquels j’espérais une réponse dans l’heure, je l’admets", témoigne l'ancien ministre. Il raconte par exemple l'épisode de la découverte en mai 2020 d’un stock de 360 millions de masques périmés qui auraient dû être détruits par l’usine Lubrizol. Cette dernière ayant brûlé un an plus tôt, les masques ont ainsi été préservés.

Un "'coup du sort' favorable", selon lui. "On a pu en récupérer des dizaines de millions, mais seulement après avoir contrôlé leur 'filtrabilité', leur 'respirabilité'… ce qui a pris des jours", raconte Olivier Véran.

"Vous êtes sous la pression, avec des urgences terribles, mais obligé de temporiser", résume-t-il.

"J'ai passé des heures à écouter des députes d'opposition détricoter ce que nous mettions en place"

Si Olivier Véran estime que le système "a fait preuve d’une solidité étonnante" pendant cette crise, il révèle aussi la façon dont certaines critiques l'ont personnellement affecté. "J’ai passé 500 heures au banc de l’Assemblée, au total, essentiellement à écouter des députés de l’opposition essayer de détricoter ce que nous mettions en place", regrette-t-il.

Il revient aussi sur le moment où il a lancé "sortez d'ici" à des députés d'opposition. "J’ai tort, parce que je devrais être dans la parfaite maîtrise en toutes circonstances, estime Olivier Véran. Mais j’ai été plongé dans un état, à certains moments, qui mélangeait stress, fatigue et colère".

Article original publié sur BFMTV.com