"Je me sens soulagé, heureux d’être avec mes proches": Fabien Azoulay se confie à BFMTV après sa sortie de prison

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Condamné et incarcéré en Turquie depuis 2017 puis extradé vers la France il y a cinq mois, Fabien Azoulay est sorti de la prison de la Santé mardi à la faveur d'un aménagement de peine. Il avait été condamné pour s'être fait livrer un produit considéré comme stupéfiant à Istanbul. Mais ce vendredi soir, témoignant auprès de BFMTV, il a surtout confié son soulagement à notre journaliste Jean-Baptiste Boursier.

"Je me sens beaucoup mieux qu’à mon incarcération. Je me sens soulagé, heureux d’être avec mes proches, ma famille, mes amis". Ces mots, ce sont ceux de Fabien Azoulay. L'homme de 43 ans est sorti de prison mardi à la faveur d'un aménagement de peine. Il se confie ce vendredi, aux côtés de son avocat François Zimeray, à notre journaliste Jean-Baptiste Boursier. 

Notre entretien succède de trois jours à la fin d'une période carcérale longue de quatre ans, initiée par son arrestation en 2017 à Istanbul pour s'y être fait livrer une substance interdite et achevée par cinq mois de détention française. 

Une incarcération au centre des relations franco-turques 

Sur le fond du dossier, Fabien Azoulay, qui avait à l'origine fait le voyage jusqu'en Turquie pour des implants capillaires, clame qu'il ignorait que le produit incriminé, le GBL, un solvant pouvant servir de stimulant sexuel, était prohibé sur place. "J'ai acheté un bidon de deux litres - c'était la quantité minimale de commande, pour m'amuser", explique-t-il à BFMTV. Il avait toutefois été condamné à 17 ans de réclusion pour possession de stupéfiant. 

Mais ce sont surtout les conditions de sa détention qui ont ému l'opinion et ont placé son dossier au centre des échanges entre Ankara et Paris. Selon ses avocats et son entourage, son homosexualité et sa religion - le judaïsme - lui ont valu brimades et persécutions dans les cellules turques. Emmanuel Macron avait finalement obtenu son extradition vers la France le 17 août dernier aux termes de discussions avec Recep Tayyip Erdogan. 

Le tribunal correctionnel de Paris avait alors requalifié sa sentence en une condamnation pour "association de malfaiteurs en vue de commettre un délit" et "recel de délit", et ramené sa peine à cinq ans de prison. Il faut dire que les législations française et turque posent l'une et l'autre un regard bien différent sur le GBL. Là où la Turquie y voit une drogue, la France pointe une "substance vénéneuse". 

"Ces gestes simples, pour moi, c'est un cadeau"

Aujourd'hui, Fabien Azoulay est tout à son soulagement. "Je me sens beaucoup mieux qu’à mon incarcération. Je me sens soulagé, heureux d’être avec mes proches, ma famille, mes amis", a-t-il confié à notre journaliste Jean-Baptiste Boursier, soulignant: "Je ne réalise pas encore complétement. C’est comme un atterrissage en douceur."

Il est revenu sur ses premiers moments de liberté, mardi. "Mon frère est venu me chercher à la prison de la Santé. On est allé prendre un café avec l’un de mes avocats, et mon frère", nous raconte-t-il. La décoration du bistrot lui semble un clin d'oeil: "J’avais d’un côté la Statue de la Liberté, de l’autre la Tour Eiffel. Moi qui suis Franco-Américain, avoir d’un côté New York, de l’autre Paris, c’était assez symbolique." Il avale alors un café, fume une cigarette: "Ces gestes simples, pour moi, c’était un cadeau."

"J'ai eu plusieurs fois peur pour ma vie"

Fabien Azoulay a accepté de visiter de moins agréables souvenirs. Comme celui de sa condamnation à 16 ans et 8 mois de prison. "La terre s’est ouverte sous mes pieds, encore pire que mon incarcération", s'est-il remémoré. Et il se retrouve dans un univers carcéral qui le sidère: "Je découvre un mauvais film policier, des cellules avec 50-60 personnes confondues. Je me dis, c’est un film, une caméra cachée. Je me dis que quelque chose va se passer."

Bien qu'il note ne s'être "jamais présenté en tant que juif ou homosexuel", son orientation sexuelle et sa religion vont peser lourdement sur son existence au sein des pénitenciers. "J’ai eu plusieurs fois peur pour ma vie", assure-t-il, illustrant: "Un détenu m’a agressé, qui était arrivé deux jours auparavant dans la cellule. Il m’a envoyé une bouilloire d’eau chaude sur le corps, le visage, en criant ‘Allahu akbar’. Clairement, quelqu’un lui avait dit que j’étais juif ou homo." "Avoir un nom de famille comme le mien, c’est comme une carte de visite, avec un tampon dessus", explicite Fabien Azoulay. 

"Laver mon nom et me reconstruire": Fabien Azoulay fixe son cap

Il a connu quatre prisons en quatre ans, dont la seconde à 800 kilomètres à l'est d'Istanbul. La dernière: la prison de la Santé à Paris. S'il s'attendait à voir sa détention prolongée dans l'Hexagone, il reprend: "Je ne pensais pas passer longtemps en détention en France." Il a fixé le cap pour l'avenir: "Maintenant que je suis libre on va tout faire pour que mon nom soit lavé de cette fausse accusation." "Comment un touriste français aurait pu savoir que ce produit était interdit ?" a-t-il fait valoir. 

Il a toutefois retrouvé le sourire en conclusion de cette entrevue: "Je vais me reconstruire, essayer d’apprécier les petites choses de la vie., les feuilles de l’automne, le froid parisien. C’est une renaissance pour moi. Et à un moment ou uà un autre, retourner chez moi à New York."

Article original publié sur BFMTV.com

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