Du "Sens de la fête" aux "Choses humaines", Judith Chemla, la discrète du cinéma français

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Judith Chemla en 2019 - Yohan Bonnet - AFP
Judith Chemla en 2019 - Yohan Bonnet - AFP

Judith Chemla, 36 ans, a déjà vécu plusieurs vies au cinéma. Star de Hellphone, teen movie de James Huth sur un portable tueur, elle a depuis été vue dans plusieurs comédies à succès (Camille redouble, Le Sens de la fête) et elle a chanté l'Ave Maria dans Notre-Dame vide en pleine pandémie de Covid-19.

La comédienne est de retour avec Les Cobayes. Dans cette comédie atypique et mordante sur le couple, elle partage l'écran avec Thomas N'Gijol. Ils incarnent Charlotte et Adam, un couple au bord de la séparation. Ils acceptent de devenir les cobayes d’un traitement révolutionnaire supposé renforcer le lien et le désir.

A l'occasion de la sortie des Cobayes ce mercredi 10 novembre sur les plateformes de VOD et sur OCS, Judith Chemla revient sur les dates essentielles et les rencontres importantes de son parcours, et ses ambitions artistiques, malgré la pandémie qui freinent les projets, mais jamais le désir.

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•"Les Cobayes", son dernier film

"Le scénario m’a fait beaucoup rire. C’est bien écrit, assez inattendu et d’une grande délicatesse. Ce qui m’a plu, c’est le ton d’Emmanuel [Poulain-Arnaud, le réalisateur, NDLR], que je trouve assez frais, assez nouveau. Ses courts-métrages, dont un qui s’appelle La Couille, sont à mourir de rire, avec des acteurs d’une immense justesse et des situations qu'il arrive à tirer un peu trop loin, alors qu'elles n'ont apparemment aucun intérêt. Comme il les étire, elles deviennent très drôles. En voyant Thomas, j’ai tout de suite cru au couple. Il est très séduisant aussi. Lui se posait beaucoup plus de questions, parce qu’il n’avait pas l’habitude de ces comédies où il y a aussi pas mal de vie quotidienne, où il y a pas mal d’intimité entre les personnages."

•"Hellphone", son premier film

"Ça n’a pas marché comme ça aurait dû. Il me reste de ce film une cicatrice à la main. Il y a une scène à la fin où mon personnage se suicide. Pour bien le jouer, je laissais glisser le couteau et ça m’avait entaillé la main. Il était un peu aiguisé. C’était un vrai couteau normalement émoussé, mais pas assez apparemment. Je m’étais ouvert la main. Le réalisateur, qui avait été chirurgien-dentiste, James Huth, m’avait recousu sur le tournage. J’ai toujours cette petite trace."

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•Noémie Lvovsky, son pygmalion

"Chez Noémie, il y a un lâcher-prise, un étourdissement, une énergie un peu folle. C’est une personne très importante dans ma vie. J'ai tourné deux films avec elle: Faut que ça danse! (2007) et Camille redouble (2012). On en prépare un autre ensemble, qui est magnifique. C’est une comédie musicale, à partir d’une pièce qui s’appelle La Grande magie. La musique est composée par Feu! Chatterton, il y a de la danse, l’histoire est splendide, drôle. J’aime énormément la liberté de Noémie, son extravagance, sa liberté de ton, sa folie. Elle sait extrêmement bien mettre en scène ses névroses et faire rire avec. C’est un vrai don. Je lui suis extrêmement reconnaissante, parce qu’elle me donne confiance. Elle me donne envie. Elle me dit que c’est possible de réaliser ses rêves. Et même ses rêves un peu fous. C’est une vraie rencontre importante."

•"Le Sens de la fête", son plus grand succès

"J’ai adoré travailler avec Eric Toledano et Olivier Nakache. Ils sont vraiment merveilleux. Ils inventent plein de trucs sur le plateau, ils poussent les acteurs, ils s’amusent comme des gamins. Ils sont derrière nous et ils nous font plein de suggestions. Ils inventent sur le moment. Ils nous provoquent un peu aussi. Ils se marrent. Ils sont joyeux. J’aime bien ce que j’ai fait dans Le Sens de la fête. Il y a plein de choses qui ont été coupées. Il y avait tellement d’acteurs… J’avais plus de scènes avec Vincent Macaigne. Nos personnages reparlaient du passé, comment ils étaient passés l’un à côté de l’autre et ils craquaient l’un pour l’autre. C’était vraiment charmant."

•Chanter Ave Maria à Notre-Dame, une chance inouïe

"C’était une chance inouïe en plein confinement de pouvoir entrer à nouveau dans cette cathédrale blessée, dont le toit est crevé. Voir le ciel depuis Notre-Dame, faire sonner les murs, chanter… c’était merveilleux. Les gens sont gentils en disant que c’était bien, mais j’ai la voix qui tremble, je suis hyper émue. Je ne contrôle pas du tout mon souffle. En vrai, je ne suis pas fière de moi en tant que chanteuse. Mais je suis heureuse et pleine de gratitude de l’avoir vécu."

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•Entre Paris et Sète, ses projets

"J’ai tourné à Sète un film qui s’appelle Mes frères et moi, de Yohan Manca. C’est son premier film, qui sort le 5 janvier 2022. Je joue une prof de chant dans un collège. C’est dans un quartier chaud du sud de la France. Quatre frères s’occupent de leur maman qui est en phase terminale à la maison, sous assistance respiratoire. Ils ont une vie dure et ils se débrouillent comme ils peuvent pour trouver de l’argent. Le plus jeune découvre la musique, et le film raconte comment son regard sur le monde change. C’est assez simple. Il y a beaucoup d’humour. De la violence aussi, et beaucoup de beauté. C’est un très beau film."

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"J’ai aussi tourné Les Choses humaines, qu’a mis en scène Yvan Attal. Il sort le 1er décembre. Yvan est très content. Au tournage, c’était extrêmement fort. Tout ce qu’on a tourné était poignant, intense. On sentait qu’il était en train de réussir son film. La jeune actrice principale, Suzanne Jouannet, est extraordinaire. C’est son premier film et c’est une merveille."

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•Bientôt réalisatrice

"J’ai tourné en janvier mon premier film, Les Enfants de Bohème. C'est un court-métrage dans lequel j’ai amené mes deux enfants. Il y a aussi Yolande Moreau. Il y aura beaucoup de musique. Je suis chanteuse lyrique, la musique est très importante dans ma vie, et je trouve qu’il y a encore plein de choses à faire avec la musique au cinéma. Il y a plein de choses à inventer pour qu’elle ne soit pas uniquement une musique d’accompagnement, mais pour qu’elle soit vivante."

Article original publié sur BFMTV.com

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