À la COP 27, Sena Alouka, militant de l'environnement : «Tout est parti d'un feu de brousse»

© Géraud Bosman-Delzons/RFI

L'ONG est née d'un buisson ardent. Il y a 21 ans - en avance sur son temps - Sena Alouka co- fonde Jeunes volontaires pour l'environnement, au Togo. Depuis, son initiative a fait des émules dans une trentaine de pays d'Afrique et revendique être la plus grande association de jeunesse pour l'environnement en Afrique avec près de 50 000 adhérents.

Recueillis par notre envoyé spécial à Charm el-Cheikh

Comment sont nés les Jeunes volontaires pour l’environnement et quel est votre parcours personnel ?

C’est parti d’un événement fortuit : un petit feu de brousse à Kpélé Tsiko, à 200 km au nord de Lomé. On est en juin 1999, j’étais à l’université. C’est le début des vacances et comme à notre accoutumée, on était dehors à se raconter des histoires entre amis, autour du feu, juste en bas de la maison du chef. Ce soir-là, nous avons vu un feu se déclencher dans la forêt. Des cris de détresse ont retenti un peu partout dans le village. La population, mes parents, avaient l’habitude de stocker l’igname dans la forêt et ils étaient en train de partir en fumée. Le village s’est déplacé comme un seul homme vers la forêt pour essayer un tant soit peu d’éteindre les flammes, les hommes avec les palmes, les femmes transportant de l’eau, allaient et revenaient entre la rivière et la forêt. De façon brave, le village a éteint le feu qui hélas avait consumé la plupart des greniers. Comme jeunes, on s’est délecté des ignames calcinées. Mais quand même, de la discussion a rejailli le fait que ces feux devenaient récurrents et que la ceinture verte autour du village était grandement menacée. Cela a réveillé en nous une énergie de vouloir mettre en place un système plus juste, plus viable.

Parlez-nous de votre parcours…


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