L'Ukraine accuse la Russie d'envoyer des chars dans l'Est

Char ukrainien près de Donetsk. Une colonne de 32 chars, de pièces d'artillerie et de camions de munitions est entrée jeudi dans l'est de l'Ukraine en provenance de Russie, affirme l'armée ukrainienne. /Photo prise le 22 août 2014/REUTERS/Valentyn Ogirenko (Reuters)

KIEV (Reuters) - L'armée ukrainienne a affirmé vendredi qu'une colonne de 32 chars, de pièces d'artillerie et de camions de munitions venue de Russie était entrée la veille dans l'est de l'Ukraine pour appuyer les séparatistes en lutte contre le gouvernement de Kiev. "Le déploiement de matériel militaire et de mercenaires venus de la Fédération de Russie se poursuit", a déclaré à la télévision Andriy Lissenko, porte-parole de l'armée ukrainienne. Il a ajouté que cinq militaires ukrainiens avaient été tués ces vingt-quatre dernières heures dans les combats, malgré le cessez-le-feu conclu début septembre. L'Otan a pour sa part constaté un renforcement de la présence militaire russe à la frontière de l'Ukraine et a dit vérifier si des unités ont effectivement franchi la frontière. Jeudi, les séparatistes ont affirmé que l'armée ukrainienne avait lancé une nouvelle offensive malgré le cessez-le-feu conclu à Minsk et entré en vigueur le 5 septembre. Le président ukrainien Petro Porochenko a téléphoné vendredi à la chancelière Angela Merkel pour dénoncer les violations de cet accord de Minsk "qui mènent à une escalade du conflit", ont précisé ses services sur le site internet de la présidence. A Moscou, Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin pour la politique étrangère, a assuré que la Russie était décidée à poursuivre le processus de paix entamé en Biélorussie et a souhaité l'ouverture de nouvelles discussions entre Kiev et ses adversaires. Elle entend toutefois respecter la volonté des électeurs de l'est de l'Ukraine, qui ont plébiscité dimanche les représentants des séparatistes dans le cadre d'un scrutin jugé illégitime par les autorités ukrainiennes et les puissances occidentales. Le verbe "respecter" a été préféré à celui de "reconnaître" après les critiques émises par les Occidentaux, a souligné Iouri Ouchakov. "Nous soutenons la poursuite du processus de Minsk et prônons la tenue d'une nouvelle réunion du groupe de contact", a-t-il déclaré. Vladimir Poutine rencontrera le Premier ministre britannique David Cameron et le président français François Hollande à l'occasion du sommet du G20 qui aura lieu les 15 et 16 novembre à Brisbane, en Australie, a ajouté son conseiller, selon lequel un accord en ce sens a été conclu. (Natalia Zinets avec Vladimir Soldatkin à Moscou; Henri-Pierre André, Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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