Selon François Hollande, les "conditions ne sont pas réunies" pour une réforme des retraites

François Hollande le 7 mai 2022 à l'Elysée - GONZALO FUENTES / POOL / AFP
François Hollande le 7 mai 2022 à l'Elysée - GONZALO FUENTES / POOL / AFP

D'après l'ancien président de la République, le texte du gouvernement intervient "au mauvais moment" et n'est pas "juste".

Pour François Hollande, une réforme des retraites, doit à la fois "correspond[re] à une "situation d'urgence" et être "juste" pour "être acceptée". Or, concernant le projet de l'exécutif, ces "deux conditions ne sont pas réunies", estime l'ancien président de la République au micro de France Inter.

Le gouvernement souhaite notamment allonger l'âge légal de 62 à 64 ans et accélérer la réforme Touraine - mise en place durant le quinquennat de François Hollande - pour fixer la durée de cotisation à 43 ans dès 2027.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

"Mauvais moment"

François Hollande reconnaît une "nécessité de corriger" un déficit qui sera de "10, 15, 20 milliards d'ici 5 ou 10 ans". Pour autant, "est-ce que c'est le meilleur moment", questionne-t-il, rappelant le contexte actuel, entre "une inflation forte, une crise de l'énergie, une possible récession [et] la guerre en Ukraine". Et d'ajouter dans la foulée: "Vous me direz, il n’y a pas de bon moment, mais il y en a des mauvais, celui-là est un mauvais moment".

Ensuite, le socialiste juge que, pour que la "réforme soit juste", il faudrait que "chacune et chacun puisse cotiser la même durée au regard de ce qu'a été son activité". "Or, ce n'est pas le cas", critique-t-il, car des "personnes, notamment les plus modestes, vont être obligées de cotiser 44 ans" quand d'autres "n'auront que 42 ou 43 ans".

"L'effort n'est pas réparti"

De son côté, le gouvernement défend "la justice" de son texte, avec par exemple la revalorisation des petites retraites, les dispositifs pour les carrières longues ou encore les aménagements pour prendre en compte la pénibilité.

Pour autant, d'après François Hollande, "l'effort n'est pas réparti". "Pourquoi rien n'est fait pour les seniors?", interroge-t-il, bien que le gouvernement a prévu la création d'un index pour mesurer l'évolution des embauches et de l'emploi de ces derniers dans l'entreprise. Celui-ci "va[-t-il] créer de vraies obligations, sanctionner? Non", déplore François Hollande.

Travail des seniors, durée de cotisation à 43 ans pour tous et recettes supplémentaires

Il pose une autre question pour mieux critiquer la position du gouvernement:

"Est-ce qu’on a demandé un effort aux plus grandes fortunes, aux plus grands revenus pour financer les mesures de solidarité qui sont nécessaires dans le cadre d’une réforme des retraites?"

D'après l'ex-premier secrétaire du PS, il faut agir sur trois points: "inciter beaucoup plus fortement" au "travail des seniors", appliquer "l'allongement de la durée de cotisation [à 43 ans] pour tout le monde" et faire des "recettes supplémentaires".

Sur ce dernier point, François Hollande évoque un "relèvement des cotisations sociales, aussi bien patronales que salariés", et "une taxation des hauts-patrimoines et des hauts-revenus".

Conformément au sens de la réforme Touraine, François Hollande est contre un report de l'âge légal.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - 7 MINUTES POUR COMPRENDRE - Retraites: jeudi, la France à l'arrêt ?