Seine-Saint-Denis: une marche blanche en mémoire d'Aman

H.G.
Environ 500 personnes se sont retrouvées dimanche pour rendre hommage à Aman, tué par balles à l'âge de 16 ans - Capture d'écran Facebook @EpinaySurSeine2014

"Aman = paix": camarades de classe, copains de foot, profs et parents, quelque 500 personnes ont marché dimanche à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) pour rendre hommage à cet adolescent sans histoire de 16 ans, tué par balles sur fond de rivalités entre cités

"Il était gentil, drôle, un peu chambreur", se souvient Katleen, 16 ans, dans la même classe qu'Aman au lycée professionnel Louise-Michel. Sa mort, c'est "inadmissible", ajoute Prescillia, 15 ans. En tête de cortège, les deux amies tiennent une grande banderole "plus jamais ça".

Les manifestants, vêtus d'un tee-shirt blanc siglé "Aman = paix", ont marché en silence de la mairie, à deux pas de l'immeuble HLM où habitait l'adolescent avec sa famille d'origine comorienne, jusqu'au quartier d'Orgemont. C'est dans cette cité, l'une des plus grandes du 93, qu'il a été tué par des tirs de fusil à canon scié dans la nuit du 5 au 6 juin, sur fonds de rivalités avec le quartier voisin des Raguenets à Saint-Gratien (Val-d'Oise).

Deux jeunes hommes mis en examen

Le garçon, inconnu des services de police, n'était pas ciblé et n'avait rien à voir avec ces conflits. Il était juste là "au mauvais endroit au mauvais moment", selon les enquêteurs. Deux hommes de 18 et 19 ans ont été mis en examen et écroués pour "homicide en bande organisée".

La mort d'Aman est d'autant plus frappante qu'il essayait "à son petit niveau" d'apaiser ces rivalités interquartiers, ont raconté ses proches à nos confrères de l'AFP. "Au moins aujourd'hui, le message de paix qu'il voulait porter est véhiculé par tous", glisse Naïma, la cousine d'Aman, les larmes aux yeux.

"Ceux qui veulent que ça s'arrête sont là aujourd'hui, mais il y a tous les autres", soupire de son côté Amine, 18 ans, ami d'Aman. Scolarisé dans un lycée du centre-ville, mais habitant Orgemont, il essaie lui aussi "d'esquiver les embrouilles". "Il m'arrive d'attendre 1 ou 2 heures dans le lycée avant de sortir, quand je vois qu'il y a des gens du centre-ville. Ou j'appelle un grand de mon quartier pour qu'il vienne me chercher. Je sais qu'ils pourraient me taper ou essayer de me voler mes affaires".

Ces rivalités, aux origines obscures, "existaient avant qu'on soit nés", ajoute Bobby, 18 ans. "Mais avant c'était juste avec les poings, maintenant il y a des armes".

Article original publié sur BFMTV.com