Seine-Saint-Denis: un maire visé par des croix gammées et menacé de mort

Benjamin Rieth avec AFP
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Le maire de l'Île-Saint-Denis Mohamed Gnabaly a été visé par des croix gammées et menacé de mort (photo d'illustration) - Thomas Samson - AFP
Le maire de l'Île-Saint-Denis Mohamed Gnabaly a été visé par des croix gammées et menacé de mort (photo d'illustration) - Thomas Samson - AFP

Le maire de l'Ile-Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly a annoncé qu'il allait déposer plainte à la suite de la découverte mardi de croix gammées et d'une menace de mort taguées sur le portail de son domicile.

"Ce matin, j'ai été réveillé par des voisins m'expliquant qu'il y avait des croix gammées et l'inscription 'A mort' sur mon portail. Ça s'est passé dans la nuit de lundi à mardi", a déclaré à l'AFP Mohamed Gnabaly, édile trentenaire à la tête de cette commune insulaire de près de 8000 habitants.

Une campagne "très délétère"

Les tags peints en rouge ont depuis été retirés, a précisé le maire (sans étiquette), annonçant qu'il se rendrait dans l'après-midi au commissariat pour porter plainte. "Il s'agit de préserver ma personne et ma famille mais aussi de préserver le symbole" que représente le maire, a-t-il souligné.

Réélu en 2020 pour un second mandat, Mohamed Gnabaly a indiqué ne pas connaître les auteurs de ces tags, mais a fustigé "une campagne très délétère" qui a laissé "énormément de tensions" à l'Ile-Saint-Denis, une ville où cohabite "85 nationalités".

"La banalisation de la violence envers les élus et également une sorte de discours ambiant qui est un peu violent" peuvent aussi favoriser ce type de fait, a-t-il estimé, tout en indiquant "rester calme".

Un observatoire des agressions envers les élus

"Faisons front face à la haine, au racisme et à la violence. S'attaquer à un élu du peuple, c'est s'attaquer à la République française toute entière", a réagi la Ville dans un communiqué.

Les menaces ou injures racistes touchent régulièrement des maires issus de l'immigration. L'association des maires de France (AMF) a annoncé début octobre la création d'un "observatoire des agressions envers les élus", face à la recrudescence des incivilités et agressions dont ils font l'objet.

Un premier bilan doit être dressé au printemps 2021, selon l'AMF, notamment pour évaluer l'application des mesures annoncées dans une circulaire de la Chancellerie, visant à mieux défendre pénalement les maires victimes d'outrages.

Article original publié sur BFMTV.com