Seine-Saint-Denis : la vidéo d’un restaurateur refusant de servir des femmes voilées enflamme le web

Les policiers, prévenus, sont intervenus. 

“Madame, les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont terroristes”. Publiée sur Internet dimanche 28 août par un site communautaire, la vidéo a vite embrasé le réseau. Filmée par deux femmes musulmanes dans un restaurant, l’enregistrement montre un homme, qui serait le restaurateur, refuser de servir deux de ses clientes sous prétexte qu’elles portent le voile.

“On ne veut pas être servies par des racistes”, explique une cliente alors que l’homme lui répond : ”Les racistes ils ne tuent pas les gens. Les racistes comme moi !”. Il précise ensuite être “dans un pays laïque” et avoir “le droit d’avoir une opinion”. L’homme demande ensuite aux clientes, qui ont appelé la police entre temps, de quitter les lieux.

Toutefois, l'enregistrement, qui débute en plein milieu de la conversation, ne permet pas de comprendre avec exactitude dans quel contexte la scène s'est déroulée, ni ce qui a déclenché les hostilités entre les deux clientes et le restaurateur présumé.

Les internautes se déchaînent

Contacté, le restaurateur n’était pas joignable. Toujours est-il que depuis la parution de la vidéo sur Internet, les internautes se sont donnés pour mission de “ruiner la réputation de ce restaurant sur tous les espaces en ligne où il est listé”, déclenchant une véritable tempête, notamment sur Twitter.

Selon l’Express, le commissariat de police de Villepinte et Tremblay-en-France confirme que “des policiers sont bien intervenus” dans l’établissement ce soir-là, sans que l’on ne puisse savoir si une plainte a été déposée.

De son côté, Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes a décidé de saisir la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA) :

Des jeunes demandent des comptes au restaurateur

Contacté par la fondatrice du site MeltingBook, Nadia Henri-Moulaï, le restaurateur ne serait pas, selon cette dernière, “conscient de la portée de son acte”. Elle explique qu’il ‘regrette ce qu’il s’est passé. Il dit avoir ‘pété un plomb car un ami à lui est tombé au Bataclan et c’était son anniversaire à ce moment-là”. Il regretterait d’avoir fait ‘un amalgame’”.

Dans l'après-midi, plusieurs jeunes de la communauté musulmane de Tremblay sont allés à la rencontre du patron afin de lui demander des explications, rapporte Le Parisien. Durant l'échange, tendu, l'homme a présenté ses “excuses” expliquant avoir dérapé compte tenu du contexte actuel. Il a une nouvelle fois évoqué son “ami qui est mort au Bataclan”. Les personnes présentes, elles, lui ont répété que ces actes “n'étaient en rien liés à l'islam”.