Seine-Saint-Denis: enquête après la découverte de photos de policiers placardées dans un immeuble

Mélanie Vecchio et Matthias Tesson avec Fanny Rocher
·2 min de lecture
Fonctionnaire de police (illustration) - DENIS CHARLET © 2019 AFP
Fonctionnaire de police (illustration) - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Neuf photos personnelles de policiers du commissariat d'Épinay-sur-Seine ont été découvertes dans la nuit de mercredi à jeudi, placardées dans les parties communes d'un immeuble de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), a appris BFMTV de source policière, confirmant une information de France Bleu Paris. Une enquête pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "acte d'intimidation" a été ouverte par le parquet de Bobigny et confiée à la sûreté territoriale.

D'après nos informations, les clichés étaient accompagnés d'un message de menaces: "Rester calme ces premiere avertissement" (sic). Selon France Bleu Paris, ces clichés ont été partagés sur le réseau social Whatsapp, dans un groupe baptisé "Morts aux filcs".

"Une intrusion morale"

Pour Benjamin Camboulives, secrétaire zonal Île-de-France Alternative Police CFDT, il s'agit d'"une intrusion morale dans l'intimité des fonctionnaires de police".

"On ne s'en prend pas à vous pour ce que vous représentez, l'État ou l'institution policière, on s'en prend à l'homme, à la femme, au père, à la mère... C'est abject. Ça nous renvoie à notre peur viscérale de l'agression à domicile. On ne peut pas tolérer que le moindre sentiment d'impunité puisse être laissé en place. Il conduit à la banalisation de ce type d'acte. Ces personnes se croient au-dessus de tous les codes moraux, de toutes les lois de la République. Nous devons mettre un frein à cette liberté qu'ils s'octroient et nous devons avoir une réponse pénale ferme", a-t-il poursuivi.

Des faits similaires à Épinay-sur-Seine

Dans la nuit du 14 au 15 avril dernier, des photos de policiers tirées de Facebook et assorties des noms de fonctionnaires avaient déjà été découvertes dans un hall d'immeuble d'Épinay-sur-Seine.

Au total, environ 25 affiches ont été recensées, montrant deux policiers de la brigade de nuit du commissariat d'Épinay-sur-Seine, ainsi que la femme de l'un d'eux, également policière.

Présent à l'Assemblée nationale, pour le vote du projet de loi sécurité globale, Gérald Darmanin avait condamné ces actes qu'il considère comme "des menaces clairement établies", déplorant une "intimidation".

Article original publié sur BFMTV.com