Seine-Saint-Denis: démantèlement d'une filière d'immigration clandestine vers la Grande-Bretagne

F.B.
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Police (illustration)  - AFP
Police (illustration) - AFP

Pris en charge à Paris ou en Seine-Saint-Denis et convoyés vers des aires d'autoroutes, les migrants embarquaient ensuite dans des camions pour la Grande-Bretagne: sept membres d'un réseau d'immigration clandestine ont été interpellés la semaine dernière, a appris l'Agence France-Presse (AFP) ce lundi de source policière.

Parmi les sept interpellés, trois ont été écroués et quatre placés sous contrôle judiciaire, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet de Bobigny pour aide à l'entrée et au séjour irréguliers et participation à une association de malfaiteurs.

L'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre (Ocriest), un service rattaché à la direction centrale de la police aux frontières (DCPAF), a pu établir que cette équipe, baptisée "la Pierrefitte connexion" par les enquêteurs, avait organisé l'essentiel de son activité criminelle depuis Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).

"Entre 1,5 et 3 millions de chiffre d'affaire"

Après un an d'enquête, "on estime que le réseau a fait entre 1,5 et 3 millions de chiffre d'affaires", chaque migrant devant débourser "3000 euros" pour un passage, a expliqué à l'AFP Jean Arvieu, chef adjoint de l'Ocriest.

"Cela se passait spécifiquement sur les aires d'autoroutes de la région Bourgogne, l'A5 et l'A31", que les organisateurs, d'origine irako-kurde, "se sont appropriées à la suite de guerres de territoire" avec d'autres réseaux, a ajouté le commissaire.

Le réseau, dont les membres étaient tous établis légalement en France, était organisé de façon "pyramidale" avec un chef irakien "installé régulièrement en France", un "bras droit" de sa famille et des "passeurs chauffeurs" dont les véhicules étaient fournis "avec la complicité d'un garagiste pakistanais", a détaillé Jean Arvieu.

Au plus fort de l'activité, les chauffeurs passaient chaque soir dans le nord de Paris et en Seine-Saint-Denis pour prendre en charge des candidats au départ et les conduire à la nuit tombée sur les aires d'autoroutes de Bourgogne, avant de les aider à monter clandestinement dans des camions à destination de la Grande-Bretagne.

La Grande-Bretagne comme objectif final

"Plus les chargements se font loin de la zone de contrôle, moins la vigilance des garde-frontières va être grande et moins la vigilance des chauffeurs de camion va être exacerbée", souligne le commissaire. Aucune complicité chez ces derniers n'a été matérialisée par l'enquête.

"Lors de nos surveillances, nous avons vu un enfant chargé par le toit d'un camion via un trou fait dans la remorque", a confié le chef adjoint de l'Ocriest.

Parmi les migrants, figuraient surtout "des Irakiens, des Iraniens, des Afghans, des Syriens et des Pakistanais", dont la Grande-Bretagne est souvent l'objectif final. Il s'agissait souvent d'hommes jeunes, âgés de 20 à 35 ans, et de familles.

Article original publié sur BFMTV.com