Seine-Saint-Denis: évacuation contestée d'une tour de 32 étages

·2 min de lecture

Plusieurs familles ont été évacuées lundi par la police d'une tour de 32 étages d'Epinay-sur-Seine qui fait l'objet d'une procédure d'expulsion pour risque d'effondrement des balcons, un motif contesté par les habitants qui ont déposé un recours devant le tribunal administratif.

Lundi en fin de journée, des policiers étaient présents dans le hall d'immeuble de la tour Obélisque et une poignée d'habitants sortait de cette grande tour qui surplombe la ville, sacs à la main. Selon un copropriétaire, une quinzaine de familles ont été expulsées lundi.

Devant l'entrée de l'immeuble, une dame âgée s'est effondrée sur le sol, au milieu de ses affaires, avant d'être prise en charge par les bénévoles de la Croix Rouge qui l'escortaient, présents pour cette opération d'évacuation débutée à 14H30.

"Les policiers ont mis toutes les affaires dehors, nous ont mis dans la salle de judo à côté et on devait se démerder", peste Ahesan Mohiuddin.

"Pourquoi ils font ça maintenant? Il faut prévenir les gens avant et pas en plein hiver comme ça", poursuit le trentenaire, dont les parents et la soeur sont locataires.

"Ils ont l'hôtel jusqu'au 22 novembre et ensuite on ne sait pas. On a déjà vécu dans la rue à notre arrivée en France, on a remonté la pente et maintenant ça...", raconte l'homme originaire du Bangladesh.

Les habitants disent avoir appris le risque d'expulsion fin octobre.

Construite dans les années 70 et composée de 163 logements, la tour a fait l'objet de deux arrêtés de la préfecture de Seine-Saint-Denis pour "mise en sécurité urgente".

"Il existe un risque imminent de rupture en différents points de nature à engendrer l'effondrement immédiat des balcons", soutient la préfecture dans un arrêté consulté par l'AFP.

Celle-ci a obligé les occupants des 59 appartements de la façade sud de l'immeuble à évacuer leur logement avant le 10 novembre. Pour les autres, la date butoir a été fixée au 8 décembre.

Des co-propriétaires ont déposé un recours auprès du tribunal administratif de Montreuil ainsi qu'un référé-suspension.

"Il est clair que la tour ne risque pas de s'effondrer", soutient leur avocat Me Georges Parastatis qui s'appuie sur une autre expertise. "Le préfet commet un détournement de procédure, il utilise la procédure de mise en péril pour mettre en oeuvre un projet d'urbanisation de la ville", accuse-t-il.

meh/aco/or

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles