Seine-et-Marne: enquête ouverte après le décès d'un détenu de la prison de Meaux

Benjamin Rieth avec AFP
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Prison (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Kenzo Tribouillard
Prison (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Kenzo Tribouillard

Une enquête a été ouverte mercredi par le parquet de Meaux pour déterminer les circonstances de la mort mardi d'un détenu âgé de 28 ans, de la maison d'arrêt de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne), qui avait été transféré à l'hôpital en arrêt cardio-vasculaire.

L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Versailles dans "le cadre de la procédure en recherche des causes de la mort" sous l'égide d'un juge d'instruction, a indiqué la procureure Laureline Peyrefitte dans un communiqué.

Un comportement "agité" et "agressif"

Selon les premiers éléments de l'enquête "encore parcellaires", le 25 janvier, le détenu "aurait refusé de réintégrer sa cellule depuis la cour de promenade, et adopté un comportement tour à tour très agité et agressif", selon le communiqué.

"Il se serait opposé violemment à son menottage, notamment en mordant au sang l'un des surveillants pénitentiaires, lesquels usaient de la contrainte pour le faire lâcher prise et le maîtriser", poursuit le communiqué.

Lors de son transfert au quartier disciplinaire, "les surveillants constatant qu'il était devenu subitement calme, ont appelé l'unité médicale". Le jeune homme a ensuite été transféré à l'hôpital par le Samu alors qu'il était en arrêt cardio-vasculaire.

Des examens complémentaires

L'autopsie réalisée mercredi a conclu à "l'existence d'un oedème cérébral dû à un arrêt cardiaque prolongé", selon le parquet de Meaux qui précise que "si des ecchymoses et contusions étaient retrouvées sur le corps en zone d'appui et d'entrave, ou au niveau du cuir chevelu, elles n'avaient pas eu d'incidence sur le processus mortel". Enfin, "aucune fracture notamment au niveau de la cage thoracique n'était retrouvée".

La procureure de Meaux a annoncé que des examens complémentaires sur les causes précises du décès seront prochainement effectués.

Interrogé par l'AFP, un surveillant pénitentiaire de la prison de Meaux a affirmé que le détenu "vulnérable, a été roué de coups" notamment "à la tête" par "des agents alors qu'il était menotté et maitrisé au sol".

Incarcéré depuis le 6 janvier

Les agents pour la plupart "stagiaires ou inexpérimentés sont intervenus sous la supervision de plusieurs supérieurs hiérarchiques dont le chef de détention", assure le surveillant pénitentiaire qui a requis l'anonymat.

"Les agents ont peur de parler, il y a eu une pression hiérarchique mais les images des caméras montreront ce qui s'est réellement passé", poursuit-il.

Le détenu décédé était originaire de la commune de Lagny-Sur-Marne. Il était incarcéré depuis le 6 janvier en attente de son procès pour "des faits de violences habituelles par conjoint" ayant entrainé une incapacité de travail de plus de 8 jours et rébellion.

Article original publié sur BFMTV.com