Ségur de la santé: pourquoi le gouvernement n'a pas le droit à l'erreur

Anthony Berthelier
Pourquoi le gouvernement ne peut pas rater son Ségur de la Santé (photo d'illustration prise lors d'une rencontre entre Emmanuel Macron et des soignants à l'hôpital de la Pitie-Salpêtrière  le 27 février 2020)

POLITIQUE - “Vous pouvez compter sur nous, l’inverse reste à prouver.” Cette phrase, lâchée par le neurologue François Salachas à Emmanuel Macron lors de sa visite de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière fin février, résonne trois mois plus tard.

Le gouvernement donne ce lundi 25 mai, le coup d’envoi de son “Ségur de la santé”, cinq lettres et quelques semaines de négociations pour soigner tous les maux de l’hôpital. Des “dysfonctionnements”, selon les mots d’Emmanuel Macron, exacerbés par plus de dix semaines de lutte contre l’épidémie de coronavirus

Contexte sanitaire oblige, les responsables syndicaux et collectifs de soignants appelés au chevet de l’hôpital ne seront pas reçus physiquement, mais réunis lors d’une visioconférence à partir de 15h30. Selon des sources syndicales, près de 300 personnes devraient participer à ce “Ségur de la santé”, du nom de la rue où est implanté le ministère. 

Hausse des salaires, temps de travail, gouvernance des hôpitaux... “Nous irons vite, nous irons fort”, a promis le ministre de la Santé, Olivier Véran, visiblement conscient des innombrables attentes du personnel soignant. Ce même personnel qui manifeste ses revendications depuis des mois, se heurtant à plusieurs plans gouvernementaux jugés à chaque fois décevants ou inopérants. Mais cette fois-ci, l’exécutif n’a pas le droit à l’erreur. 

Les promesses de Macron

Car Emmanuel Macron l’a reconnu lui-même, lors d’une nouvelle visite surprise à la Pitié-Salpêtrière le 15 mai: le gouvernement “a sans doute fait une erreur” stratégique dans sa politique en matière de santé. Le président de la République a même jugé que sa réforme présentée en 2018 et baptisée “Ma Santé 2022 “ne portait pas assez de sens” et avait “un rapport au temps et une ampleur qui n’étaient pas du tout suffisants par rapport à l’état où était l’hôpital”.

Dans le contexte actuel, le Ségur de la santé ne pourrait pas, comme ce plan précédent, accoucher d’une souris. D’autant que le chef de l’État a fait des...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post