Sécurité routière : 500 "vrais" radars de plus et 10.000 leurres d’ici à 2018

"Les routes de France ne peuvent pas être un cimetière". Par cette phrase alarmiste, Manuel Valls fait écho au nombre de morts, reparti à la hausse après plusieurs années de baisse. 3.384 personnes ont en effet perdu la vie en 2014.

L’objectif du chef du gouvernement est donc simple : "réduire la mortalité routière de moitié" d'ici 2020. Et pour cela, il a annoncé 22 mesures. On vous présente les principales.

Des radars en plus

Des radars vont être installés sur les routes. Le parc vieillissant, qui compte 4.200 appareils, passera à 4.700, soit 500 de plus d'ici trois ans. Des vrais. Car des dispositifs de leurre seront également installés de manière à accroître la vigilance des conducteurs. Soit des radars seront disposés en bord de route mais ne flasheront pas. Soit des panneaux annonceront des appareils qui n'existent pas.

Les autorités vont aussi multiplier les radars embarqués et en déployer d'autres de nouvelle génération, capables de détecter des formes d'infractions inédites (comme l'interdiction de demi-tour).

Sanctionner les véhicules d'entreprise et les étrangers

Actuellement, trop de salariés échappent à la perte de points avec leurs véhicules d'entreprises parce que leurs employeurs ne les dénoncent pas aux autorités. L'idée est simple : tenir à jour un carnet de bord du véhicule. On saura ainsi qui a utilisé le véhicule au moment d'une infraction, et la personne sera ainsi sanctionnée.

La question est la même pour les conducteurs étrangers, qui échappent souvent aux contraventions commises en France. Le gouvernement entend donc créer un nouveau fichier recensant les automobilistes de passage n'ayant pas payé leurs amendes.

Tests salivaires et drones

Pour dépister les consommateurs de drogues au volant, le comité interministériel de la sécurité routière (CISR) devrait généraliser les tests salivaires. Ceux-ci devraient permettre aux forces de l'ordre de multiplier ces contrôles par deux.

La mesure la plus originale concerne la surveillance. Pour la première fois, des drones vont être expérimentés pour détecter les conduites à risque en lieu et place des hélicoptères.

La limitation à 80 km/h abandonnée

C’était une des mesures attendues mais elle n’a finalement pas été retenue : la limitation de vitesse à 80 km/h sur l’ensemble des routes secondaires. Un abandon que regrette la présidente de la Ligue contre les violences routières, Chantal Perrichon : " il n'y a rien à attendre d'un CISR réuni dans l'urgence".

Du côté des conducteurs, l'association 40 millions d'automobilistes dénonce un pays devenu "le catalogue mondial des mesures de répression".