Les secrets de la naissance d'Arrokoth, l'astéroïde le plus lointain jamais visité

Nathalie Mayer, Journaliste
1 / 2

Les secrets de la naissance d'Arrokoth, l'astéroïde le plus lointain jamais visité

C’est pour étudier la planète naine Pluton que la sonde de la Nasa New Horizons a été lancée en 2006. Mais, les ressources de l’engin le permettant, l’occasion était trop belle de ne pas en profiter pour rendre une petite visite à un étrange objet de la ceinture de Kuiper : un astéroïde connu sous le nom de 2014 MU69 et depuis, rebaptisé Arrokoth.

Lorsque les premières images de New Horizons sont arrivées aux astronomes, ils l’ont d’abord surnommé le bonhomme de neige. En référence à sa forme très particulière. L’astéroïde se compose en effet de deux lobes de tailles différentes, comme s’il était le produit de deux objets plus petits qui seraient entrés en collision.

De nombreuses théories ont été avancées, depuis, pour expliquer cette forme et les propriétés particulières d’Arrokoth. Notamment sa vitesse de rotation lente et son grand angle d’inclinaison — de 98° par rapport au plan de son orbite autour du Soleil. Mais sans réel succès. Jusqu’à aujourd’hui. Une équipe germano-israélienne est parvenue à expliquer, à l’aide de calculs analytiques et de simulations détaillées, la formation de cet astéroïde.

Une lente collision

Les chercheurs estiment qu’une simple collision à grande vitesse entre deux objets aléatoires dans la ceinture de Kuiper mènerait à leur destruction. Car ils sont probablement constitués principalement de glaces « molles ». Ils remarquent aussi que si les deux corps qui forment Arrokoth avaient été en orbite l’un autour de l’autre — comme la Lune autour de la Terre — puis étaient partis sur une trajectoire en spirale pour se rapprocher lentement et enfin établir un contact, la vitesse de rotation de l’astéroïde aurait été extrêmement élevée. Or la rotation complète d’Arrokoth prend 15,92 heures. Ce qui est...

> Lire la suite sur Futura