Le second tour et son patron aveugle

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La campagne présidentielle s’accélère sur les télés, privilégiant les «coups» spectaculaires, bref un peu le point fort de Le Pen.

Le gouvernant face à l’ouvrier menacé de licenciement, chacun sait que c’est l’image de tous les risques. A commencer par les gouvernants eux-mêmes, depuis un certain Lionel Jospin, en mars 2002. L’ouvrier menacé de licenciement ne respecte plus grand-chose. Depuis des mois, il ne voit plus que des DRH expéditifs représentant des actionnaires anonymes, des conseillers en reclassement qui lui proposent des recasages lointains ou des formations mirobolantes et inefficaces, toute la voyoucratie ordinaire de la mondialisation. Depuis le début de sa lutte, il n’a pas vu l’ombre d’un journaliste hormis, parfois, ceux de la presse locale, qui suivent héroïquement le décourageant conflit. Il voit arriver le gouvernant, avec son cortège de courtisans et de caméras. Il lui vide son paquet. Il n’a plus rien à perdre.

De son côté, depuis combien de temps le gouvernant n’a-t-il pas vu un ouvrier ? L’ouvrier licencié est la mauvaise conscience du gouvernant européen. Il sait bien que l’ouvrier licencié est le sacrifié de la mondialisation. Mais il n’a pas le droit de le dire. Pas devant les caméras. Chacun sait que l’éléphant trône au milieu de la pièce. Mais chacun fait semblant.

Quand Lionel Jospin, en 2002, est confronté à un ouvrier de LU, depuis combien de temps n’en a-t-il pas vu ? On la connaît, cette scène, on l’a vue et revue. Face aux «on en a marre !», aux «c’est pas assez !», Jospin tentant désespérément de resituer les choses «sur un plan plus global», avec sa «bataille pour l’emploi assez forte», et perdant pied peu à peu, suintant le découragement et la défaite.

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