Second tour des municipales : ces villes qui peuvent passer aux mains du RN

Louis Aliot, favori à Perpignan

Il n’y aura pas de “vague bleue marine” aux élections municipales. Le Rassemblement national peut néanmoins espérer remporter quelques mairies, au second tour.

Les élections municipales n’auront pas été le succès attendu pour le Rassemblement national. “Notre ambition a été contrée par le moment”, explique Marine Le Pen à Ouest France, en référence à l’épidémie de Covid-19 et les premières restrictions avant le premier tour des municipales.

Si le parti de Marine Le Pen a pu conserver huit villes dès le premier tour comme Beaucaire, Hénin-Beaumont, Hayange ou Fréjus, dans d’autres villes les résultats n’ont pas été à la hauteur.

Néanmoins le Rassemblement national peut remporter plusieurs villes lors du second tour des élections municipales.

  • Perpignan (Pyrénées-Orientales)

La ville pourrait devenir la municipalité la plus importante gérée par le Rassemblement national. Son candidat, Louis Aliot, est arrivé largement en tête au premier tour avec 35,66% des voix, devant le maire sortant Jean-Marc Pujol (LR) avec 18,44%. S’il est favori à l’issue du premier tour, Louis Aliot doit faire face au front républicain autour de son adversaire.

Dans l’entre-deux tours, la candidate écologiste Agnès Langevine, arrivée en 3e position au 1er tour avec 14,51 % des voix, a en effet annoncé son retrait pour faire barrage à Louis Aliot. "J'appelle tous.tes les électeurs.trices à user de leur vote pour confiner définitivement les ambitions du candidat du Rassemblement National et à voter pour la liste qui lui reste opposée", a-t-elle déclaré dans un communiqué adressé à l'AFP.

Autre "retrait républicain", celui du candidat de la majorité, Romain Grau qui avait récolté 13,17% au 1er tour. Mais deux membres de la liste de Romain Grau, dont son numéro 3, ont annoncé Alain Cavalière, ont annoncé apporté leur soutien à Louis Aliot.

Le scénario de 2014 se répétera-t-il à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Au 1er tour, Louis Aliot était arrivé en tête avec 34,18%, devant Jean-Marc Pujol (30,67%). Mais au second tour, bénéficiant du retrait du candidat de la gauche pour faire barrage au FN, Jean-Marc Pujol avait été élu avec 55% des voix, contre 45% pour Louis Aliot.

  • Moissac (Tarn-et-Garonne)

Il n’a manqué que 123 voix au premier tour au candidat du RN pour remporter la mairie de cette ville d’environ 13 000 habitants. Avec 47,03% des voix, Romain Lopez a écrasé le scrutin, terminant loin devant la candidate de gauche, Estelle Hemmami et ses 23,09%.

Romain Lopez, ancien assistant parlementaire de Marion Maréchal, part d’autant plus favori qu’Estelle Hemmami n’est pas parvenue à un accord avec la candidate de droite Maryse Baulu (13,09%) pour faire une liste commune face au candidat du RN. Cette dernière a toutefois décidé de retirer sa candidature.

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  • Vauvert (Gard)

Le second tour s’annonce très serré dans cette ville de 11 000 habitants du Gard. Le maire sortant socialiste Jean Denat est arrivé en tête au premier tour avec 45,06% des voix, soit 1941 votes, devant le candidat du Rassemblement national, Jean-Louis Meizonnet et ses 1858 voix (43,08%).

L’entre-deux tours est particulièrement mouvementé dans la commune. L'écologiste et candidat indépendant Bruno Lebeau, qui avait récolté 2,90% des voix, a annoncé son soutien au candidat du RN, selon Objectif Gard, refusant toutefois de donner une consigne de vote.

Autre rebondissement avec une vidéo publiée sur Facebook d’une candidate sur la liste de Bruno Lebeau. Elle accuse le maire sortant Jean Denat de lui avoir promis de l'aider à obtenir un "poste d'État" en échange d'un soutien écrit d'elle et de plusieurs de ses co-listiers. Le RN a porté plainte, le maire nie et affirme qu'elle est téléguidée par le RN.

  • Marles-les-Mines (Pas-de-Calais)

"Marles la rouge" va-t-elle virer au bleu marine. Cette commune du Pas-de-Calais, gérée par les communistes depuis plus de 50 ans, pourrait élire un maire du Rassemblement national, dimanche. Au premier tour, l’ancien adjoint au maire, le socialiste Éric Édouard (39,11%) est arrivé en tête, devant le candidat du RN, Jérôme Leroy (31,97%) et une autre adjointe, la candidate communiste Nathalie Laisné (14,52%).

Mais les deux adjoints ne sont pas parvenu à s’entendre dans l’entre-deux tours, et maintiennent leur candidature tandis que le candidat du RN bénéficie du ralliement d’un quatrième candidate, Irène Lignier, et ses 14,4% du premier tour. En échange de ce ralliement, le logo RN a été retiré de ses affiches et tracts de campagne, rapporte France Bleu.

  • Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais)

Le second tour sera particulièrement serré Bruay-la-Buissière. Et cette ville de 22 000 habitants pourrait être dirigée par le Rassemblement national à l’issue du scrutin. Le candidat du parti, Ludovic Pajot, est arrivé en tête au premier tour avec 38,57% des voix devant Bernard Cailliau, candidat issu de la gauche (34,49%) et Olivier Switaj, maire sortant divers gauche (22,11%).

Mais les plans du candidat du RN pourraient être contrariés. Le maire sortant a en effet retiré sa candidature au lendemain du premier tour pour “faire un barrage républicain pour que la ville ne tombe pas aux mains du RN”.

  • Givors (Rhône)

Fief communiste depuis 67 ans, Givors pourrait passer aux mains du RN. Au premier tour, la maire communiste sortante Christiane Charnay, soutenue par le PS et les radicaux de gauche, a récolté 24,55% soit 66 voix de plus qu’Antoine Mellies, candidat du RN, avec 22,84%.

Également qualifiés au second tour, un ex-socialiste soutenu par EELV, Mohamed Boudjellaba (20,52%) et Laurent Decourselle (18,97%), ex-gendarme qui affirme être apolitique mais dont la permanence avait été inaugurée par le président LREM de la métropole de Lyon. Aucune alliance n’ayant eu lieu entre les deux tours, le scrutin s’annonce indécis.

  • Carpentras (Vaucluse)

Carpentras finira-t-elle par être gérée par le Rassemblement national ? En 2014, le candidat du FN, Hervé de Lepinau, avait échoué de peu au second tour, lors d’une triangulaire. Avec 42,15% des voix, il avait été battu par le socialiste Francis Adolphe, élu avec 44,46% des voix, soit 306 voix de plus.

Cette année, nouveau candidat, le général Bertrand de La Chesnais, qui n’a pas l’étiquette RN mais qui est soutenu par le parti. Il a récolté 30,89% des voix au premier tour, derrière le candidat de gauche Serge Andrieu, qui a récolté 35,85% des voix. Un troisième candidat s’est invité au second tour, soutenu par Les Républicains, Claude Melquior (17,39%).

Dans l’entre-deux tours, des discussions entre Bertrand De La Chesnais et Claude Melquior (LR) ont eu lieu pour aboutir à une union. Sans succès, la faute au soutien du Rassemblement national, point de blocage à l’union des droites. Reste à connaître le comportement des électeurs du candidat LR, distancé au premier tour.

  • Mantes-la-Ville (Yvelines)

Si le Rassemblement national pourrait conquérir de nouvelles villes, il pourrait également perdre un symbole. Mantes-la-Ville (Yvelines) est la plus grande ville d’Île-de-France gérée par le parti de Marine Le Pen. Cyril Nauth, élu en 2014 avec 61 voix d’avance lors d’une quadrangulaire, est candidat à sa réélection.

S’il est arrivé en tête au premier tour avec 33,72% des voix, le maire RN devra cette fois faire face à un “front républicain” de ses adversaires. Son principal adversaire, soutenu par LREM, Sami Damergy, (27,22%), bénéficie du retrait des autres candidats alors qu’une nouvelle quadrangulaire était prévue.

Romain Carbonne (divers gauche) qui avait obtenu 14,82% des voix s'était retiré dès le 16 mars expliquant vouloir “faire barrage à l’extrême-droite et ne jamais s’arrêter de rêver à un monde meilleur, ni de se donner les moyens d’y vivre." Puis c’est la candidate soutenu par le PS, le PC et EELV qui s’est retirée début juin. Amitis Messdaghi, qui avait obtenu 17,75%, explique au Parisien : “Ma responsabilité c'est de faire barrage au Rassemblement national”.

Reste à connaître la réaction des électeurs de ces deux candidats de gauche. Voteront-ils pour Sami Damergy, soutenu par LREM et par le président LR du département ?

  • Le Luc (Var)

Marquée par la démission de deux maires depuis les dernières élections, la ville passée aux mains du RN en 2014 pourrait de nouveau changer d’étiquette. Le maire sortant de la commune, Pascal Verrelle, élu en 2016 par le conseil municipal suite à la démission de l’ancienne maire, est en mauvaise posture.

Au premier tour, Pascal Verrelle (RN) a en effet récolté 37,96% des voix, derrière le candidat de la droite Dominique Lain, avec 43,94% des voix.