Second tour des municipales: un avis scientifique qui ne résout rien

Romain Herreros
Édouard Philippe à l'Assemblée nationale le 12 mai. 

POLITIQUE - Si le gouvernement attendait l’avis du Conseil scientifique pour se positionner sur le second tour des élections municipales, il y a peu de chances qu’il y trouve beaucoup de certitudes. Car le texte de 13 pages rendu ce mardi 19 mai assortit la possibilité de la tenue du scrutin au mois de juin de très nombreuses réserves et de recommandations sanitaires qui fragiliseraient l’organisation des élections avant l’été.

Parmi les dangers pointés: la reprise de la campagne électorale en pleine épidémie de coronavirus. “Alors que le scrutin peut bénéficier de conditions sanitaires sécurisées, la campagne électorale qui le précède peut exposer les personnes qui y participent à des risques renouvelés dans des conditions difficiles à sécuriser d’un point de vue sanitaire, et à accroître ce faisant un risque plus général de reprise de l’épidémie”, pointe le collège d’experts, invitant les décideurs à modifier “profondément” l’organisation de la campagne. 

“Pas de vote sans campagne électorale”

Une perspective d’ores et déjà contestée par plusieurs responsables politiques de premier plan. Sur franceinfo, le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand estime qu’il n’est “pas raisonnable” d’imaginer un scrutin avant l’été “alors même que les campagnes ne peuvent pas se dérouler puisqu’on ne peut pas réunir plus de dix personnes”.

Pour ce proche d’Emmanuel Macron, qui voit mal les candidats “faire du porte-à-porte masqués”, la “démocratie ce n’est pas uniquement le vote, ce sont des campagnes qui permettent des débats”. Même observation chez Jean-Luc Mélenchon. “Pas de vote sans campagne électorale. Donc pas de vote sans garantie sanitaire du début à la fin”, souligne-t-il sur Twitter, tout comme le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde. 

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