Sean Connery, premier James Bond au cinéma est mort à 90 ans

Maxime Bourdier
·Chef d'édition.
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Sean Connery sur le tournage de "Bons Baisers de Russie", en 1963. (Photo: Sunset Boulevard via Getty Images)
Sean Connery sur le tournage de "Bons Baisers de Russie", en 1963. (Photo: Sunset Boulevard via Getty Images)

CULTURE - Un monument du septième art disparaît. Sean Connery, acteur écossais entré dans la légende en devenant le premier James Bond au cinéma, est mort à l’âge de 90 ans, a annoncé ce samedi 31 octobre la BBC, citant sa famille.

Au-delà du fameux agent 007 qu’il a incarné dans six films, Sean Connery a connu une longue carrière couronnée de nombreux prix dont un Oscar (meilleur second rôle dans “Les Incorruptibles”), deux Bafta (notamment pour “Le Nom de la rose”) et trois Golden Globes, et tourné avec des réalisateurs comme Hitchcock, Spielberg, De Palma ou encore Annaud.

La famille de l’acteur écossais a déclaré prévoir des obsèques dans l’intimité avant d’organiser un “service commémoratif” une fois la pandémie passée. Elle a ajouté que l’acteur “est décédé paisiblement dans son sommeil entouré de sa famille” et a ajouté : “Il y aura une cérémonie privée suivie d’un service commémoratif encore à planifier une fois que le virus aura pris fin”.

“Né dans la pauvreté abjecte”

Mais, avant de devenir une immense star, Sean Connery a d’abord cherché à fuir sa condition, particulièrement modeste. “Né dans la pauvreté abjecte des faubourgs d’Édimbourg, son rêve unique et primaire consiste à s’échapper. C’est la pauvreté qui a mis Sean Connery en route”, souligne l’un de ses biographes, Michael Feeney Callan.

Il quitte l’école tôt et s’engage à 16 ans dans la Marine. L’expérience s’achève sur les quais de Portsmouth où il perfectionne ses passe-temps favoris : football -il est doué au point de se voir offrir un contrat par Manchester United -, boxe et filles.

C’est de cette époque que datent ses deux tatouages - “Mum and dad” et “Scotland forever” - sur l’avant-bras droit. Famille et Ecosse, les deux priorités de sa vie.

Rendu à la vie civile au bout de trois ans après un ulcère, il enchaîne les petits boulots : maître-nageur, maçon, routier mais aussi livreur de charbon, garde du corps et polisseur de cercueil.

“Pour plaire aux filles”, il se lance dans le culturisme et termine troisième au concours de Mister Univers 1950. Son 1m88 et son charme vont devenir son passeport pour la gloire. Il a 27 ans quand, repéré dans un téléfilm pour la BBC, il signe avec la 20th Century Fox.

“Homme vivant le plus sexy” à 59 ans

Invité à passer un essai pour l’adaptation d’un roman d’espionnage, il refuse net. “Vous me prenez comme je suis ou vous ne me prenez pas”. Le bluff paye, et le rôle de 007 dans “Dr No” en 1962 lui revient pour 16.000 dollars.

Succès immédiat, il va incarner à six reprises (sans compter le non-officiel “Jamais plus jamais”) l’agent secret qui fera fantasmer des hordes de jeunes filles et rêver les garçons.

“Il est impossible d’être un enfant des sixties sans avoir regretté à un moment ou un autre de ne pas être Sean Connery”, écrit Christopher Bray dans “Sean Connery: A Biography”.

Propulsé star internationale, Sean Connery tourne dès lors avec les plus grands, en conservant en toute circonstance son accent écossais. Il gagne un Oscar avec “Les Incorruptibles” et interprète de plus en plus des rôles de père spirituel, dans “Highlander”, “Le nom de la rose” ou “Indiana Jones et la dernière croisade”.

Le tout en devenant au fil des années “plus séduisant que jamais”, comme le souligne le spécialiste du cinéma Christian Dureau. En 1989, le magazine People le consacré “homme vivant le plus sexy”, alors qu’il va allègrement sur ses 60 ans.

Sa popularité ne sera jamais démentie : en 2013, il est élu acteur britannique préféré des Américains, dix ans après sa “retraite” au bout de 64 films.

Militant pour l’autonomie de l’Ecosse

Seul son combat pour l’autonomie de son Ecosse natale fait lever quelques sourcils. Il aurait aussi retardé jusqu’en juillet 2000 son anoblissement par la reine Elizabeth II.

“En exil” en Espagne ou aux Bahamas (pour des raisons fiscales), il a vécu ces dernières années à New York avec sa deuxième femme, la portraitiste française Micheline Roquebrune, rencontrée sur les greens de golf et aussitôt épousée, en 1975.

“Comme elle ne parlait pas anglais et que je ne parlais pas français, il y avait peu de chances qu’on sombre dans des discussions ennuyeuses. C’est pourquoi on a convolé si rapidement”, plaisantait Sean Connery, marié une première fois à une actrice australienne, Diane Cilento, avec laquelle il a eu un fils, Jason, né en 1963.

Annoncé comme mort dès 1993 par des agences de presses australiennes et japonaises, il a fini par rendre les armes samedi à 90 ans. Car il est vrai: “On ne vit que deux fois”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.