Scribe, le logiciel dédié à la police, fait un flop (coûteux)

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Le logiciel censé
Le logiciel censé

POLICE-JUSTICE - Une chimère et un gouffre financier. Ce dimanche 31 octobre, nos confrères de France Inter révèlent que le logiciel Scribe, qui était censé révolutionner le dépôt de plainte pour les policiers, a été abandonné. Et ce après quatre ans de développement et quelque 12 millions d’euros dépensés.

Un véritable fiasco auquel ne goûtent pas du tout les syndicats de la police nationale. Ni les principaux intéressés d’ailleurs, les enquêteurs, à qui avait été promis en 2017 un outil intuitif, moderne, simple à prendre en main. “C’est pour nous “LE” projet le plus symbolique car il touche au principal outil des enquêteurs : le logiciel de rédaction des plaintes”, s’agace en résumé un responsable syndical auprès de France Inter.

Au sortir d’un Beauvau de la sécurité qui était annoncé comme devant déboucher sur une amélioration des conditions de travail au sein de la police et de la gendarmerie, le symbole n’est d’ailleurs pas reluisant.

Pourtant, tout avait bien commencé en novembre 2017, relatent encore nos confrères. Un nom trouvé au terme d’un concours interne par un policier, un prestataire (Capgemini, vainqueur de l’appel d’offre initial) qui promettait un déploiement du nouveau logiciel sous deux ans, et la promesse, donc, d’une révolution au sein de la police, lassée par un LRP (le logiciel devant être remplacé) si complexe à utiliser.

Sauf qu’à l’heure où Scribe aurait dû être mis en fonction, les retards s’accumulaient déjà, rapportent encore France Inter, au point que le chef de projet décidait de jeter l’éponge, s’en allant avec la moitié de son équipe. Pire, en 2021, Capgemini réalise qu’une faille énorme se trouve au cœur même de l’architecture du projet et que celui-ci ne sera jamais opérationnel. Coût du fiasco: 11,7 millions d’euros, d’après la police nationale, en comptant notamment les fonctionnaires détachés.

Résultat, depuis que Gérald Darmanin et une nouvelle équipe sont arrivés au ministère de l’Intérieur, à l’été 2020, un nouvel appel d’offre se prépare, contraignant le projet à repartir de zéro (et sans aucun recours judiciaire possible).

Une part des sommes promises par Emmanuel Macron en marge de la conclusion du Beauvau de la Sécurité devrait donc être allouée à cette nouvelle tentative. Avec une date de livraison désormais prévue pour 2024.

À voir également sur le HuffPost: Violences policières: pas de nouvelle institution de contrôle indépendante, mais plus de transparence

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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