"Scream": "l’éventreur de Gainesville", l'histoire vraie qui a inspiré la saga

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·6 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Danny Rolling
    Tueur en série américain

CINÉMA - Ghostface est de retour aux affaires. Le cinquième opus de la saga culte Scream, centrée sur le célèbre tueur en série (et dont vous pouvez visionner la bande-annonce en tête d’article), sort ce mercredi 12 janvier au cinéma. Changement notable, Wes Craven, iconique réalisateur des quatre premiers films (sortis en 1996, 1997, 2000 et 2011), n’est plus derrière la caméra. Celui-ci étant décédé en 2015, c’est le duo Matthew Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett qui se retrouve aux commandes.

L’histoire se déroule 25 ans après les évènements tragiques survenus à Woodsboro, ville fictive californienne. Un tueur, portant le masque de Ghostface et déterminé à faire ressurgir les sombres secrets du passé, s’attaque à une bande d’adolescents. Un schéma qui n’est pas sans rappeler les précédents longs-métrages, dont Scream 5 suit le modèle.

À l’occasion de sa sortie, Le HuffPost s’est donc interrogé sur la façon dont l’histoire de la saga, qui a influencé bon nombre de “slashers” depuis, avait été imaginée. Et il se trouve que Kevin Williamson, scénariste des deux premiers et du quatrième opus, a en grande partie tiré son inspiration d’une histoire vraie, celle de Danny Rolling, autrement nommé “l’éventreur de Gainesville”.

Retour en 1989: âgé de 35 ans, l’homme commet ses premiers meurtres à Shreveport en Louisiane, sa ville natale. William Thomas Grissom (57 ans), sa fille Julie (24 ans) et son petit-fils Sean (8 ans) sont tous trois poignardés à mort dans leur maison. La jeune femme est retrouvée presque nue suspendue à un lit.

Une tuerie qui en appelle une autre

Fin août 1990, Danny Rolling commet sur une période de quatre jours une série de cambriolages à Gainesville en Floride, au cours desquels il assassine cinq étudiants, quatre femmes et un homme (Sonja Jane Larson, Christina P. Powell, Christa Leigh Hoyt, Tracy Inez Paules et Manuel Ricardo Taboada). La plupart de ces meurtres répondent au même mode opératoire.

L’homme s’introduit par effraction au domicile de ses victimes, les empêche de crier en leur scotchant la bouche, les viole, puis les poignarde. Certains cadavres sont mis en scène de manière macabre, d’autres sont laissés tels quels.

Ces crimes sont largement médiatisés, Danny Rolling est alors surnommé “l’éventreur de Gainesville”. La psychose est telle que la plupart des étudiantes dorment toutes en groupe. Certains élèves demandent même à se désinscrire ou à changer d’université. Mais le tueur ne met pas très longtemps à être arrêté, en grande partie grâce au témoignage de Cindy Juracich, qui, en visionnant un reportage sur la mort de ces étudiants, fait le lien avec le principal concerné, originaire comme elle de Shreveport.

Le 7 septembre 1990, les autorités parviennent à mettre la main sur Danny Rolling non loin de Gainesville, à Ocala, alors qu’il commet un cambriolage. Ces dernières, qui le suspectaient déjà, avaient réuni plusieurs preuves à son encontre. Celui-ci vivait notamment dans une petite habitation, située dans une zone boisée non loin du campus universitaire. Les enquêteurs y avaient trouvé un tournevis, un pistolet, un sac rempli d’argent, mais aussi des enregistrements vocaux, dans lesquels il parlait des crimes qu’il avait commis.

Accusé des cinq meurtres, Danny Rolling plaide coupable. Il est condamné à la peine de mort en 1994 (et mourra en 2006). Il avoue également avoir tué la famille Grissom à Shreveport.

C’est à ce moment-là que Kevin Williamson, en charge d’écrire le scénario d’une histoire de meurtres, découvre l’affaire. Un documentaire la retraçant est diffusé à la télévision dans l’émission Turning Point sur ABC. “J’avais tellement peur. Pendant la pause publicitaire, j’ai entendu un bruit. J’ai dû aller fouiller la maison”, a-t-il raconté à CNN en 1998.

“J’ai pris un couteau de boucher et mon téléphone portable”

Et d’ajouter: “Je suis allé dans le salon et une fenêtre était ouverte. J’étais dans cette maison depuis deux jours, et je n’avais jamais remarqué la fenêtre ouverte. J’ai eu très peur. Je suis donc allé dans la cuisine, j’ai pris un couteau de boucher et mon téléphone portable, puis j’ai appelé un de mes amis”.

Cet ami, c’est David Blanchard. Plutôt que de le rassurer, ce dernier prend un malin plaisir à nourrir sa psychose. “Il regardait sous les lits, dans le garage”, s’est souvenu l’intéressé pour CNN. “Je lui ai dit ’Dans ce cas, ne sors pas. Si tu sors, le tueur va se faufiler par la porte pendant que tu es dehors”, a-t-il poursuivi. “Il m’avait répondu, ’Que veux-tu dire? Que veux-tu dire par le tueur?”.

Une soirée mouvementée donc, qui s’avère pourtant déterminante pour Kevin Williamson. “Je suis allé me ​​coucher cette nuit-là, tellement effrayé que je faisais des cauchemars. Je me suis réveillé vers trois ou quatre heures du matin, et j’ai commencé à écrire la scène d’ouverture de Scream”, a-t-il confié.

Pour rappel, la séquence culte, que vous pouvez visionner ci-dessous, met en scène le célèbre échange téléphonique entre Casey Becker (incarnée par Drew Barrymore) et Ghostface. La jeune fille est isolée dans sa maison (comme Danny Rolling l’était dans son petit campement dans les bois). Impossible en effet d’oublier les premiers mots qu’adresse le tueur à sa toute première victime: “Vous aimez les films d’horreur? Lequel est votre préféré?”.

Ghostface, alter ego de Danny Rolling?

Hormis la scène d’ouverture, Kevin Williamson s’inspirera aussi du mode opératoire de Danny Rolling pour façonner Ghostface. Comme le souligne le site Film School Rejects, le premier avait souvent l’habitude de surgir par surprise. Une marque de fabrique également chère au second, qui, tapi dans l’ombre, apparaît souvent soudainement derrière sa victime, par l’embrasure d’une porte par exemple.

Ce n’est pas tout, puisque leurs motivations sont également très similaires. Dans le premier Scream, intitulé à l’époque Scary Movie, il n’y a pas un, mais deux Ghostface: Billy Loomis et son ami Stuart Macher. Le premier est marqué par la liaison de son père avec la mère de Sidney Prescott (l’héroïne de la saga) tandis que le second ne recherche que la visibilité. Danny Rolling, qui avait de son côté eu un père violent, était obsédé par son image d’après le Miami Herald. Il avait pour but de devenir une superstar.

En attendant le cinquième, les quatre précédents Scream ont rencontré des succès variables au cinéma. Si les trois premiers ont cartonné lors de leur sortie (avec respectivement 173, 172 et 161 millions de dollars à l’international), le dernier, produit avec un budget pourtant supérieur, a moins convaincu (97 millions récoltés).

À voir également sur Le HuffPost: Au Salvador, cette maison abandonnée sur la plage semble tout droit sortie d’un film d’horreur

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles