Des scientifiques parviennent à implanter de faux souvenirs chez l'Homme

Johanna Amselem
·2 min de lecture
Digital image of artificial intelligence human brain.

Lors d'une expérience, des chercheurs ont prouvé qu'il était possible d'implanter puis de supprimer de faux souvenirs dans la mémoire de plusieurs personnes. Explications.

On pourrait croire à film de science-fiction, il n’en est rien. Une nouvelle étude a mis en évidence la possibilité d’implanter et de retirer des faux souvenirs du cerveau. Pour la première fois, cette recherche met en évidence l’existence de techniques capables de corriger de faux souvenirs sans altérer les vrais. Cette étude a été publiée par des chercheurs de l'Université de Portsmouth, au Royaume-Uni, et des universités de Hagen et Mayence, en Allemagne.

Les auteurs suggèrent que cette étude pourrait changer la donne dans les milieux policier et judiciaire où de faux souvenirs donnés comme preuve dans une salle d'audience peuvent entraîner des condamnations injustifiées. Selon le Dr Hartmut Blank, co-auteur de la recherche du Département de psychologie de l'Université de Portsmouth, croire ou même se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais produit peut avoir de graves conséquences. Lors d'interrogatoires de police ou de procédures judiciaires, par exemple, cela peut conduire à fausses confessions ou fausses allégations. "Dans cette étude, nous avons fait un pas important dans cette direction en identifiant des techniques d'entrevue qui peuvent permettre aux gens de se rétracter de leurs faux souvenirs", avance le co-auteur cité par EurekAlert.

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Se défaire des faux souvenirs

Les chercheurs ont recruté 52 participants pour une étude sur les souvenirs d'enfance. Avec l’aide des parents, ils ont implanté deux faux souvenirs négatifs mais plausibles (un accident de voiture, s'enfuir, etc). En plus de deux événements réels, les participants ont été persuadés par leurs parents que les quatre événements faisaient partie de leur mémoire. Ils se sont ensuite remémorés chaque évènement lors des entretiens. À la troisième session, la plupart pensaient que les faux événements s'étaient réellement produits. D’ailleurs, environ 40% en avaient développé de vrais/faux souvenirs.

Les chercheurs ont ensuite tenté de défaire les faux souvenirs grâce à deux stratégies. La première consistait à rappeler aux participants que les souvenirs ne sont pas toujours basés sur une expérience personnelle mais peuvent reposer sur une photographie, un récit, etc. La deuxième stratégie consistait à leur expliquer que le fait d'être invités à se souvenir à plusieurs reprises de quelque chose peut également induire de faux souvenirs. "En sensibilisant les participants à la possibilité de faux souvenirs, en les exhortant à réfléchir de manière critique sur leurs souvenirs et en renforçant leur confiance en leur propre point de vue, nous avons pu réduire considérablement leurs faux souvenirs. De plus, et surtout, cela n'a pas affecté leur capacité à se souvenir des vrais événements", souligne le Dr Blank.

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