Non, des scientifiques n’ont pas percé les secrets de la mystérieuse machine d’Anticythère

·2 min de lecture

Une équipe de chercheurs de l'University College de Londres (UCL) vient de proposer la reconstitution numérique la plus avancée à ce jour de la célèbre machine d'Anticythère, petit engin de la Grèce antique qui aurait servi de calculateur de positions astronomiques. Un travail audacieux, mais qui n'en reste pas moins "hautement spéculatif".

Conservée au musée national archéologique d’Athènes, la machine d'Anticythère, supposément conçue aux alentours du 1er siècle avant J.-C. pour calculer les positions astronomiques, est considérée comme le plus vieux mécanisme à engrenages connu au monde. Elle est aussi, et surtout, l’un des artefacts scientifiques les plus mystérieux et les plus controversés. De ce drôle d’engin en bronze, nous ne connaissons qu’un exemplaire unique : celui-là même, trouvé dans l’épave d’une galère romaine en 1901 par des pêcheurs d’éponges, au large de l’île grecque du sud du Péloponnèse Anticythère.

Un objet "virtuose" qui fait débat

Si le caractère unique d’un objet peut être considéré comme un problème pour les archéologues (le fait ne pas en trouver d’autres exemples le rend toujours difficile à situer et à contextualiser), la machine d’Anticythère possède une autre caractéristique qui la rend plus ambiguë encore : elle est une merveille d’ingénierie. La complexité de ses mécanismes est si éblouissante que certains historiens se refusent même à croire qu’un tel appareil ait été fabriqué si tôt dans l’histoire. La datation de la galère, estimée comme antérieure à 87 avant J.-C., a permis de fixer un âge minimal limite à la machine d’Anticythère. Mais aujourd’hui encore, il n’existe pas de consensus sur l’époque de sa conception : certains chercheurs la placent entre la fin du 3e et la moitié du deuxième siècle avant J.C. (Giovanni Pastore, 2010), d’autres à une période légèrement plus récente, entre le 2e et le 1er siècle avant J.-C. Haute de 20 petits centimètres, elle comprend des dizaines de roues dentées articulées entre elles sur plusieurs plans, et des gravures d’une finesse déconcertante. Il faudra attendre le 17e siècle pour voir émerger une telle technicité horlogère en Occident !

Mais les zones d’ombre ne s’arrêtent pas là : le petit dispositif est malheureusement très incomplet. Seuls des morceaux endommagés subsistent - en 82 fragments -, qui ne correspondraient qu[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi