Des scientifiques identifient une protéine qui protège contre la maladie de Lyme

Johanna Amselem
·3 min de lecture
Female doctor removing a tick with tweezers from hand of patient. Encephalitis, borreliosis and lyme disease.
Female doctor removing a tick with tweezers from hand of patient. Encephalitis, borreliosis and lyme disease.

Des chercheurs de l’Université de Yale ont découvert l’existence d’une protéine qui pourrait protéger contre la transmission de la maladie de Lyme.

Pendant cette deuxième période de confinement, les Français profitent de l’heure de sortie autorisée quotidiennement pour se dégourdir un peu les jambes. Pour ceux qui vivent à la campagne, cette pause est souvent l’occasion de se promener dans la forêt et au plus près de la nature. Une promenade qui peut, parfois, tourner au cauchemar avec la présence des tiques.

Le ministère des Solidarités et de la Santé rapporte que la surveillance de la maladie de Lyme pour l’année 2018 a montré une augmentation significative du nombre de nouveaux cas diagnostiqués en médecine générale en France entre 2017 et 2018 (104 cas pour 100 000 habitants contre 69 /100 000 en 2017). Pour rappel, la transmission de la maladie de Lyme à l’homme se fait par piqûre de tique. Ces dernières, partout sur l’ensemble du territoire, sont surtout installées en dessous de 1 500 m d’altitude. Elles vivent dans des zones boisées et humides, les herbes hautes des prairies, les jardins et les parcs.

Les chercheurs de Yale ont découvert une protéine qui aide à protéger les hôtes contre l'infection par le spirochète transmis par les tiques qui causent la maladie de Lyme. Ces conclusions ont été publiées, le 11 novembre, dans la revue PLOS Pathogens. Dans le cadre de cette étude, l'équipe de Yale a exprimé plus de 1 000 gènes humains dans la levure et a analysé leurs interactions avec 36 échantillons. Ils ont découvert qu'une protéine, Peptidoglycan Recognition Protein 1 (PGLYRP1), agit comme un signal d'alerte précoce pour le système immunitaire lorsqu'elle est exposée à la bactérie. Les souris dépourvues de cette bactérie ont montré des signes de dysfonctionnement du système immunitaire.

Signes neurologiques et atteintes des articulations

Stimuler la capacité des gens à produire davantage de cette protéine pourrait aider à combattre l'infection”, a déclaré Erol Fikrig de Yale, professeur de médecine Waldemar Von Zedtwitz (maladies infectieuses) et professeur d'épidémiologie (maladies microbiennes) et de pathogenèse microbienne auteur de l'étude. L’équipe médicale a cherché à déterminer si les personnes avec des niveaux plus élevés de PGLYRP1 peuvent être moins sensibles à l'infection.

La maladie de Lyme peut se manifester dans les trente jours après la piqûre. Elle apparaît sous la forme d’une plaque rouge et ronde qui s’étend en cercle (érythème migrant) à partir de la zone de piqûre puis disparaît en quelques semaines à quelques mois. En l’absence de traitement, l’évolution vers la phase secondaire n’est pas systématique, mais aggrave le pronostic. “Si la personne ne reçoit pas de traitement antibiotique, des signes neurologiques ou des atteintes des articulations ou plus rarement d’autres organes peuvent apparaître quelques semaines ou quelques mois après la piqûre”, alerte le ministère de la Santé. Pour limiter le risque de piqûre lors d’une promenade, il est recommandé de se couvrir les bras et les jambes avec des vêtements longs et d’inspecter scrupuleusement son corps une fois de retour.

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