Des scientifiques font parler cette momie

Nathalie Mayer, Journaliste

Les morts, par définition, ne parlent pas. Mais la technologie pourrait aujourd’hui nous aider à nous faire une idée des sons émis par les voix du passé. Impression 3D et numérisation corporelle ont en effet permis à des chercheurs, de l’université de York (Royaume-Uni) notamment, de donner de la voix à une momie vieille de plus de 3.000 ans, celle du prêtre égyptien Nesyamun.

Pour cela, ils se sont basés sur de longues études de la forme du canal vocal humain qui va du larynx jusqu’à la bouche et à la cavité nasale, et le lien entre cette forme et les sons qui en émergent. Des études auxquelles des technologies de type imagerie médicale par résonance magnétique ou tomodensitométrie ont beaucoup apporté et qui ont confirmé que les dimensions de ce canal vocal rendent chacune de nos voix unique.

Le corps momifié de Nesyamun, prêt à passer au scanner de l’université de Leeds. Le prêtre égyptien officiait sous le règne de Ramsès XI, il y a quelque 3.000 ans. © Leeds Teaching Hospitals, Leeds Museums and Galleries

Une voix qui manque d’humanité

Pour que l’opération réussisse, il fallait donc que les tissus mous formant le canal vocal de la momie aient été bien conservés. La tomodensitométrie a montré que c’était plutôt le cas. Et les mesures prises ont permis ensuite d’imprimer le canal vocal de Nesyamu en 3D avant de l’utiliser avec un son de larynx artificiel semblable à ceux que l’on utilise dans les systèmes de synthèse vocale.

Un travail de grande portée symbolique si l’on considère que la voix du prêtre jouait un rôle essentiel dans le rituel égyptien. Mais aussi que les Égyptiens croyaient que « prononcer le nom des morts, c’est les faire revivre ». Une nouvelle...

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