Science décalée : notre cerveau préfère les additions aux soustractions

Céline Deluzarche, Journaliste
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Ce n’est pas un hasard si nos téléphones comportent un nombre croissant de fonctions et de pixels. Notre cerveau a une tendance innée à favoriser l’ajout d’éléments plutôt que d’en enlever, d’après les auteurs d’une étude parue en avril dans la revue Nature. « La plupart des gens supposent que la meilleure façon de gérer un problème est d'ajouter de nouvelles fonctionnalités, même si ce n’est pas la solution la plus rationnelle », constate Benjamin Converse, de l’université de Virginie à Charlottesville.

Comment nos biais socio-cognitifs affectent-ils notre rapport au monde ?

Comment améliorer une recette de soupe ou un itinéraire de voyage ?

Les chercheurs ont mené différentes expériences sur la façon dont les gens essayent de changer des objets, des concepts ou des situations. Par exemple, lorsqu'un nouveau recteur d'université sollicite des idées d'améliorations, seulement 11 % impliquent de se débarrasser de quelque chose. Lorsqu'on leur demande d'améliorer un itinéraire de voyage, seulement 28 % des participants éliminent les destinations, même si l’emploi du temps est déjà surchargé. De même, lorsque l'on demande à quelqu’un de retoucher un texte, seuls 17 % des gens enlèvent des mots plutôt que d’en rajouter. Idem lorsqu’il s’agit d’améliorer une recette de soupe : en moyenne, les participants rajoutent 2,85 ingrédients supplémentaires par rapport aux cinq de départ, notent les chercheurs.

Comment rendre ces figures symétriques ? Même s’il est beaucoup plus rapide de supprimer des motifs, la plupart des gens préfèrent en rajouter. © Gabrielle Adams et al., Nature, 2021
Comment rendre ces figures symétriques ? Même s’il est beaucoup plus rapide de supprimer des motifs, la plupart des gens préfèrent en rajouter. © Gabrielle Adams et al., Nature, 2021

Une autre expérience consistait à donner aux participants des carrés avec des motifs colorés en leur demandant de rendre le motif symétrique en modifiant des éléments de la figure. Alors que la symétrie était beaucoup plus facile à obtenir en enlevant des motifs, seuls 49 % des gens ont opté pour cette solution. Dans une autre expérience, les participants devaient stabiliser une structure en

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