Science décalée : les artistes préhistoriques étaient-ils shootés pour réaliser leurs peintures rupestres ?

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Il est de notoriété publique que de nombreux artistes ont réalisé leurs œuvres majeures sous l’emprise de la drogue. Van Gogh se saoulait à l’absinthe, Charles Baudelaire s’adonnait au haschisch et à l’opium tandis que Francis Picabia réalisa ses tableaux psychédéliques lors d’hallucinations dues aux opiacées. Sans compter le LSD qui faisait fureur dans les années 1950 dans le milieu artistique.

La pratique remonte pourtant à beaucoup plus loin. Et même aux Hommes préhistoriques si l’on en croit Yafit Kedar, chercheuse à l’université de Tel Aviv et auteure d’une étude publiée le 31 mars dans la revue Time and Mind : The Journal of Archaeology, Consciousness and Culture. Selon son hypothèse, les humains ayant peint les images dans les grottes au Paléolithique supérieur (entre 50.000 et 12.000 ans) n’étaient pas dans leur état normal lors de leur création en raison… du manque d’oxygène. Pour s’aventurer au plus profond des grottes, ils auraient dû s’éclairer avec des torches qui, en consumant l’oxygène, auraient induit un état d’hypoxie dans le cerveau. Or, l’hypoxie augmente la production de dopamine, ce qui aurait plongé les peintres rupestres « dans un état de conscience altérée, éprouvant de l'euphorie, des expériences hors du corps et peut-être même des hallucinations », écrit Yafit Kedar avec ses coauteurs. Ces expériences les aurait aidés à « exploiter des niveaux de créativité plus profonds » et à « entrer en relation avec le cosmos ».

Les dessins représentent souvent des motifs répétitifs, qui relèvent plus de l’art symbolique qu'ils ne sont représentatifs, comme ici à Lascaux. © Jim Forest, Flickr
Les dessins représentent souvent des motifs répétitifs, qui relèvent plus de l’art symbolique qu'ils ne sont représentatifs, comme ici à Lascaux. © Jim Forest, Flickr

Un accès à des « expériences spirituelles »

À la base de cette hypothèse pour le moins audacieuse se situe la question de la configuration de la grotte. Lors de visites dans des grottes européennes, Yafit Kedar a été frappée par des peintures dessinées dans des endroits quasi inaccessibles. « Pourquoi [ces hommes] sont-ils allés dans l'obscurité, dans un tel...

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