Science décalée : évitez de vous faire opérer le jour de l'anniversaire du chirurgien

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Il nous est rarement donné de choisir la date d’une opération chirurgicale. Et c’est bien dommage. Car si nous pouvions connaître la date d’anniversaire du chirurgien devant nous faire passer sur le billard, nous éviterions probablement ce jour-là, à la lecture d’une étude parue dans le British Medical Journal (BMJ). Les chercheurs y ont analysé 980.876 opérations menées aux États-Unis, entre 2011 et 2014, par 47.489 chirurgiens, dont 2.064 (0,2 %) se sont déroulées le jour de l’anniversaire de ces derniers. Ils ont constaté un taux de mortalité à 30 jours 23 % plus élevé dans ces cas-là (6,9 % contre 5,6 % pour les autres jours), un chiffre jugé significatif par les chercheurs.

Textos et gâteau d’anniversaire

Les auteurs avancent plusieurs explications possibles. Les chirurgiens auraient, par exemple, la tentation d’accélérer un peu les procédures, histoire de se libérer plus tôt pour goûter leur gâteau d’anniversaire. Peut-être sont-ils distraits durant l’opération par des conversations portant sur leurs cadeaux ou leurs projets du jour ? Ou par des textos sur leur téléphone (en supposant qu’ils aient oublié de l’éteindre) conduisant à des erreurs médicales ou un défaut d’attention ? Enfin, il est aussi possible que les chirurgiens, en partance pour leur fête d’anniversaire, ne retournent pas voir leur patient après l’opération, risquant ainsi de manquer d'éventuelles complications post-opératoires.

Les chirurgiens laisseraient plus facilement la main à leur subalterne lorsqu’ils sont pressés de rentrer chez eux. © gpointstudio, Adobe Stock
Les chirurgiens laisseraient plus facilement la main à leur subalterne lorsqu’ils sont pressés de rentrer chez eux. © gpointstudio, Adobe Stock

Il s’agit bien entendu d’une étude observationnelle, ce qui signifie qu’aucun lien de cause à effet ne peut être formellement établi. Les chercheurs se sont toutefois prémunis contre un certain nombre de biais. Ils se sont par exemple concentrés sur des patients ayant subi une opération d’urgence (fracture du fémur, appendicectomie, chirurgie cardiovasculaire…) afin d’éviter un bais de sélection (lorsque le chirurgien peut...

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