Scholastique Mukasonga et Gaëlle Bélem, deux visions littéraires du continent noir

Extrait de

Lorsque Gaëlle Bélem a fini son manuscrit, elle s’est demandé à qui l’envoyer. Elle l’a empaqueté, a filé à la Poste et depuis son « petit caillou » réunionnais, comme elle dit, l’a adressé à la prestigieuse collection « Continents noirs », chez Gallimard, parce que « deux hommes sur 830.000 habitants de l’île avaient réussi à s’y faire éditer, et que la Rwandaise de langue française Scholastique Mukasonga y avait publié son très beau roman Notre-Dame Du Nil ».

L’éditeur Jean-Noël Schifano lui a répondu, enthousiaste, qu’elle serait publiée à l’occasion du vingtième anniversaire de la collection. Elle a attendu un an son bonheur. Puis il a fallu que ce foutu virus s’en mêle. Depuis, elle envoie de jolies cartes postales pour défendre son livre. Elle met la date, l’heure, le temps qu’il fait, avec une écriture imagée et un humour certain. « Ce n’est pas tous les jours que l’on a une auteure réunionnaise chez Gallimard », écrit-elle, ni un texte comme celui-là, il faut le reconnaître.

"Virtuose du malheur"

Un Monstre est là, derrière la porte nous plonge dans le chaos d’une famille de « cafres », les Dessaintes, pendant les années 1980. L’histoire nous est racontée par une « pisseuse pleurnicharde », « devenue vieille à neuf ans », confrontée à des parents violents, gavés de télévision. Elle découvre Maupassant grâce à l’école («

Lire la suite