Scarratt, Woodman, Sansus : trois phénomènes à suivre lors de la Coupe du monde

Woodman, Sansus, Scaratt (A. Mounic/L'Equipe)

Reines en leur pays et éléments phares du rugby mondial, Emily Scarratt (Angleterre), Portia Woodman (Nouvelle-Zélande) et Laure Sansus (France) vont batailler pour conquérir le titre à la Coupe du monde (8 octobre - 12 novembre).

Scarratt, intouchable


Même au sein d'une équipe anglaise aux multiples talents (Sarah Hunter, Poppy Cleall, Zoe Aldcroft, Sarah Bern, Helena Rowland etc.), le nom d'Emily Scarratt sort du lot. La centre et buteuse de 32 ans est incontournable depuis plus d'une décennie chez les Red Roses. La joueuse aux 103 sélections compte à son palmarès six Tournois des Six Nations, elle a disputé trois finales de Coupe du monde (un titre) et a notamment offert la victoire à l'Angleterre lors de l'édition 2014 en inscrivant 16 points (3 pénalités, 1 transformation et 1 essai) contre le Canada (21-9).

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Élue meilleure joueuse du monde en 2019, Scarratt a toutefois connu un gros coup d'arrêt il y a un an, se fracturant une jambe lors d'un match disputé avec son club, Loughborough. Une blessure lourde dont elle a réussi à se relever rapidement, la centre terminant même meilleure réalisatrice (39 points marqués) du Tournoi au printemps. Histoire de se mettre en appétit avant la Coupe du monde.

Woodman, inarrêtable


Elle n'a que 31 ans et pourtant on a l'impression de la voir traverser les terrains du monde entier depuis des décennies. C'est sans doute parce que Portia Woodman ne se contente pas d'un éclair par rencontre mais les multiplie jusqu'à l'overdose. Aussi brillante à quinze qu'à sept, la légende vivante du rugby néo-zélandais demeure un phénomène surnaturel. Dernier exemple en date ? Ses sept essais lors du match de préparation des Black Ferns face au Japon (95-12).

Son palmarès impressionnant se passe de commentaires : championne du monde à 7 en 2013 et 2018, médaillée d'or aux Jeux de Tokyo, elle avait également remporté le Mondial 2017 en Irlande, inscrivant au passage 13 essais en cinq matches... Sans oublier ses récompenses de meilleure joueuse du monde à quinze (2017) comme à sept (2015). Ce serait toutefois une erreur d'imaginer Woodman rassasiée. L'ailière néo-zélandaise ambitionne d'être consacrée à domicile, objectif suprême pour celle qui se rêvait, petite, comme le pendant féminin de l'indépassable Jonah Lomu.

Sansus, insaisissable


Si les Bleues ont à nouveau échoué à remporter le Tournoi, au printemps dernier, une Française n'a pas quitté les Six Nations 2022 les mains vides. Laure Sansus a en effet reçu le trophée de meilleure joueuse de la compétition. Rien de bien surprenant, tant la demie de mêlée des Bleues a secoué ses adversaires au printemps. Personne n'a marqué plus d'essais qu'elle, ni donné plus de passes décisives.

La Toulousaine, qui s'était mise en retrait du rugby il y a cinq ans, n'a, depuis son retour sur les terrains, cessé de progresser, s'imposant en sélection en numéro 9. Sa capacité à porter le ballon et à créer des brèches dans la défense adverse en font un atout majeur des Bleues. « C'est un feu follet, souligne la capitaine Gaëlle Hermet. Elle a ce jeu à l'instinct, elle trouve des espaces là où on ne pense pas qu'il y en a, elle est capable de nous mettre dans l'avancée. » Ses coéquipières devront plus que jamais profiter de son talent cet automne. La joueuse de 28 ans a annoncé qu'elle allait arrêter sa carrière après la Coupe du monde.