Deux sœurs dénoncent le comportement de leur célèbre entraîneur d'équitation

C'est au sein d'un groupe d'entraînement de voltige équestre qu'un nouveau scandale d'emprise est révélé dans les colonnes du Parisien (image d'illustration).  (Photo: ANNE-CHRISTINE POUJOULAT via Getty Images)

VIOLENCES SEXUELLES - La libération de la parole continue. Ce dimanche 23 février, nos confrères du Parisien publient l’histoire édifiante de Chloé et Anaïs Bega, deux jeunes sportives tombées sous l’emprise d’un entraîneur réputé et tout puissant. 

Originaire de Savoie, les deux jeunes femmes sont parties, en 2016, pour le Maine-et-Loire et Saumur, le QG de l’équitation française. Leur rêve? Progresser en voltige équestre au côté de Jacques Ferrari, référence française de la discipline du fait de son titre mondial en individuel et de ses breloques par équipe. 

Un homme qui a désormais été suspendu par la préfecture du Maine-et-Loire et qui fait l’objet d’une enquête administrative de la part du ministère des Sports depuis la mi-février, rapporte encore le Parisien. Pourtant, les deux sœurs Bega avaient déjà tenté d’alerter sur son comportement, la cadette Anaïs déposant notamment plainte en décembre 2018 pour corruption de mineurs contre le trentenaire. Un comportement visiblement bien connu du milieu, où l’on parle aisément de “culture du libertinage” et de “relations sexuelles avec des filles à peine adultes” au sein du groupe d’entraînement. 

 “J’ai été complètement conditionnée”

Sexualisation à outrance, gestes déplacés, humiliations à l’entraînement et tendresse par emprise à l’extérieur, les deux jeunes femmes confient un récit étonnamment similaire de leur expérience. Un passé durant lequel Chloé a notamment eu des relations sexuelles répétées avec Jacques Ferrari, comme en a alerté la première sa petite sœur. 

“Ma sœur était au fond du trou à ce moment-là”, raconte Anaïs, la plus jeune, au sujet du moment où elle a fini par craquer. “Et moi, j’étais la prochaine, il me l’a dit lui-même. Il faisait une obsession sur mon physique. À la fin, il n’arrêtait pas de me parler de mon sexe qu’il voulait toucher. Il disait qu’il avait une forme particulière et qu’il aimait bien ça.”

Sa grande sœur Chloé décrit, elle aussi, une obsession malsaine et une manipulation émotionnelle. “Il m’invitait au restaurant, au cinéma, à la fête foraine. Je savais que ce n’était pas sain mais j’y allais. Il me faisait croire que j’étais l’unique. Que sans lui, je n’étais rien.” Et d’expliquer pourquoi, alors même pas entrée dans sa vingtaine, elle n’a pas osé parler: “Vu que j’étais majeure et consentante au moment de nos relations sexuelles, j’ai eu longtemps peur que ça ne serve à rien de parler. J’ai été complètement conditionnée. (...) Par exemple, il montrait des photos et des vidéos de nos ébats à d’autres filles du groupe.” 

 “Il choisit des filles à la plastique superbe et innocentes et les met sous sa coupe”

Mais aujourd’hui, les deux sœurs veulent donc que tout “se sache”. D’autant que le milieu semble au fait des agissements de l’entraîneur, comme le démontrent les propos de membres de l’équipe de France récoltés par le Parisien. ”À chaque fois, il choisit des filles à la plastique superbe et innocentes et les met sous sa coupe. Forcément, avec son aura et son physique, elles deviennent folles de lui. Et c’est à ce moment-là qu’il les brise pour ensuite les reconstruire” 

 “C’est clairement de la manipulation, surtout qu’il les mettait en concurrence les unes avec les autres”, précise un ancien de l’équipe nationale, qui explique avoir mis en garde les deux sœurs au sujet de celui qui est surnommé le “décapsuleur” pour son appétence pour les jeunes femmes vierges. 

L’intéressé, lui, assume la relation consentie, mais nie les propositions indécentes à la cadette ainsi que les gestes déplacés. Et assure avoir “pris conscience de certaines choses”. Comme les “blagues grivoises et sexuelles que je pouvais faire à l’époque”, par exemple. 

Au même moment, d’ailleurs, des parents du groupe d’entraînement de voltige feraient pression pour que Jacques Ferrari puisse faire son retour, convaincu par sa défense et ses qualités d’entraîneurs. Au point que les sœurs Bega auraient été la cible de harcèlement de la part de leurs collègues. Et qu’elles peinent encore à se reconstruire. 

À voir également sur le HuffPost: Le témoignage glaçant de la patineuse Anne-Line Rolland agressée sexuellement par son entraîneur

LIRE AUSSI:

Patinage: Sarah Abitbol entendue par les enquêteurs après ses accusations de viol

Face aux violences sexuelles dans le sport, Maracineanu dévoile son plan

Love HuffPost? Become a founding member of HuffPost Plus today.

This article originally appeared on HuffPost.