Scandale sexuel au Parlement australien: le Premier ministre souffle le chaud et le froid

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En Australie, le gouvernement s’enlise depuis des semaines dans un scandale sexuel au Parlement. Plusieurs femmes accusent d’anciens collègues ou des supérieurs de viol. Et cette semaine, une chaîne australienne a mis la main sur des vidéos très compromettantes, montrant des attachés parlementaires de la majorité actuelle se livrer à des comportements déplacés au sein même du Parlement.

De notre correspondant à Sydney, Grégory Plesse

Critiqué pour son inaction, le Premier ministre, Scott Morrison, s’est adressé à la presse aujourd’hui et a soufflé à la fois le chaud et le froid.

C’est un Scott Morrison contrit et au bord des larmes qui a pris la parole ce matin, évoquant sa femme, ses filles et même sa mère, comme boussoles de son engagement contre le sexisme. Alors qu’une part grandissante de l’opinion doute de sa volonté réelle à changer l’ambiance très masculine qui règne dans les cercles du pouvoir à Canberra, Scott Morrison s’est présenté comme un champion de l’égalité des sexes. « Je veux que les femmes puissent avoir les mêmes opportunités, une voix aussi forte et la même sécurité que les hommes dans ce pays », a-t-il dit.

« Faites attention »

Mais une fois son discours terminé, le ton a très vite changé. Agacé par la question d’un journaliste, lui reprochant son inaction sur ce dossier, Scott Morrison a alors évoqué une affaire de harcèlement se déroulant dans la rédaction où travaille ce journaliste, et lui a conseillé de rester prudent. « Vous avez le droit de nous critiquer, depuis votre piédestal, mais faites attention… », a-t-il lancé.

La rédaction en question, celle de Sky News, a démenti ces accusations. Scott Morrison a, lui, promis qu’il ferait le ménage à Canberra tout en refusant de créer une commission d’enquête parlementaire sur les violences faites aux femmes au Parlement.

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