Scandale au Parlement européen : début de la procédure pour lever l’immunité de deux élus

Le Parlement européen lance la procédure pour lever l'immunité de deux élus. Les deux hommes sont suspectés d'être impliqués dans le scandale de corruption qui secoue l'institution européenne.

A la demande des enquêteurs belges, la présidente de l'hémicycle a annoncé lundi à Strasbourg le début du processus à l'encontre de Marc Tarabella (S&D) et d'Andrea Cozzolino (S&D).

Ce dernier était jusqu'à vendredi le président de la délégation en charge des relations avec le Maghreb, qui comprend le Maroc. Or le pays est soupçonné d'avoir offert de l'argent liquide à certains élus pour influencer les décisions européennes. L'eurodéputé italien est aussi membre de la commission en charge de l'enquête sur le logiciel espion Pegasus, ce qui inquiète des parlementaires.

"Sachant que certains membres sont soupçonnés d'avoir défendu ces intérêts particuliers et aussi les intérêts marocains il y a là la question", insiste l’eurodéputée écologiste Saskia Bricmont.

Marc Tarabella occupait le poste de vice-président de la délégation en charge des relations avec la péninsule arabique qui comprend le Qatar. A l'instar d'Andrea Cozzolino, l'élu belge rejette les accusations. L'enquête révèle qu'il aurait omis de déclarer un voyage en 2020 au Qatar, un déplacement payé par le pays, en violation des règles du Parlement européen.

La commission Affaires juridiques doit maintenant laisser la parole aux deux eurodéputés s'ils veulent faire entendre leur défense, avant que le vote soit soumis le mois prochain à l'ensemble du Parlement dont l'issue semble certaine.

Si la procédure est validée, la justice belge pourra alors interroger les deux suspects et engager si nécessaire des poursuites.