Le scénariste et écrivain français Jean-Claude Carrière est mort à 89 ans

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Jean-Claude Carrière, écrivain prolifique et scénariste de génie aux côtés de Luis Bunuel, Jacques Deray ou plus récemment Philippe Garrel, est mort, lundi soir, à l'âge de 89 ans.

L'écrivain, metteur en scène et scénariste Jean-Claude Carrière, qui a travaillé notamment aux côtés de Luis Bunuel, Jacques Deray ou Milos Forman, est décédé dans la soirée du lundi 8 février, à l'âge de 89 ans, a annoncé sa fille à l'AFP.

L'écrivain, qui ne souffrait d'aucune maladie particulière, est mort "dans son sommeil" à son domicile parisien, a précisé Kiara Carrière.

"Un hommage" lui sera rendu prochainement à Paris et il devrait être inhumé dans son village natal, à Colombières-sur-Orb, dans l'Hérault, a aussi dit sa fille.

Se définissant comme un "conteur", Jean-Claude Carrière a signé une soixantaine de scénarios ainsi qu'environ 80 ouvrages (récits, essais, comme ses Dictionnaires amoureux de l'Inde et du Mexique, traductions, fictions, scénarios, entretiens).

"La controverse de Valladolid", son roman le plus célèbre

"Radicalement athée", mais "passionné par la religion et ses déviances", étranger à tout fanatisme, il a écrit sur le bouddhisme et l'hindouisme mais aussi sur le christianisme avec son roman le plus célèbre, "La controverse de Valladolid", sur la conquête du Nouveau-monde par les Espagnols, décliné en pièce et adaptation télévisée.

On lui doit également des travaux sur l'islam par ses traductions de poésie persane, avec son épouse, l'écrivaine iranienne, Nahal Tajadod, dont il a eu une fille.

Il a été aussi acteur, dramaturge et parolier pour Juliette Gréco, Brigitte Bardot ou Jeanne Moreau.

Comme scénariste, il est au générique de films majeurs : "Le Journal d'une femme de chambre", "Belle de jour" et "Le charme discret de la bourgeoisie" (Luis Bunuel), "Taking Off" (Milos Forman), "Borsalino" (Jacques Deray), "Le tambour" (Volker Schlondorff, Palme d'or à Cannes), "Danton" (Andrzej Wajda, prix Louis Delluc 1982), "L'insoutenable légèreté de l'être" (Philipp Kaufman), "Cyrano de Bergerac" (Jean-Paul Rappeneau), "Le retour de Martin Guerre" (Daniel Vigne) qui lui vaut le César du meilleur scénario en 1983.

Il a reçu en 2014 un Oscar d'honneur pour son œuvre de scénariste.

Collaborations avec Luis Bunuel et le Dalaï Lama

Jean-Claude Carrière a placé sa vie sous le signe des "rencontres, des amitiés et des maîtres de vie", comme le Dalaï Lama avec lequel il a écrit un livre ou le cinéaste espagnol Luis Bunuel, avec lequel il collabora dix-neuf ans, jusqu'à sa mort.

Né le 17 septembre 1931 à Colombières-sur-Orb, dans l'Hérault, de parents viticulteurs montés près de Paris en 1945 pour ouvrir un café, le jeune homme se révèle vite un élève brillant.

Il devient boursier, saute dans l'ascenseur social qui le propulse à Normale Sup. À 26 ans, il signe son premier roman, "Le Lézard", fait son service militaire en Algérie, rencontre Jacques Tati et le débutant Pierre Etaix. Avec ce dernier, il reçoit l'Oscar 1962 du meilleur court-métrage de fiction pour "Heureux anniversaire".

Bibliophile, passionné par le dessin, l'astrophysique, et le vin, amateur de Tai-Chi-Chuan (art martial), Jean-Claude Carrière a présidé pendant dix ans la Fémis, l'École nationale supérieure des métiers de l'image et du son.

Toujours très actif malgré l'âge, il avait écrit en 2018 un dernier essai, "La vallée du néant", et cosigné en 2020 le scénario du film "Le sel des larmes" de Philippe Garrel.

Avec AFP

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