Que savoir des « Dialogues de Bercy », réunion inédite et explosive sur le Budget ?

Gabriel Attal et Bruno Le Maire reçoivent ce mardi à Bercy les parlementaires des Commissions des Finances pour le premier round des « Dialogues de Bercy », censés anticiper et déminer les discussions sur le budget 2023.
ERIC PIERMONT / AFP Gabriel Attal et Bruno Le Maire reçoivent ce mardi à Bercy les parlementaires des Commissions des Finances pour le premier round des « Dialogues de Bercy », censés anticiper et déminer les discussions sur le budget 2023.

ERIC PIERMONT / AFP

Gabriel Attal et Bruno Le Maire reçoivent ce mardi à Bercy les parlementaires des Commissions des Finances pour le premier round des « Dialogues de Bercy », censés anticiper et déminer les discussions sur le budget 2023.

POLITIQUE - Les « Dialogues de Bercy » sont ouverts. Pour anticiper l’épineux débat sur le budget 2023, Bruno Le Maire et Gabriel Attal ont convié ce mardi 13 septembre les responsables parlementaires de tous les groupes à échanger avant que le texte soit finalisé. Après quelques réticences, l’invitation a été acceptée par tous. Mais tout le monde reste sur ses gardes.

Le projet de loi sur le budget 2023 doit arriver dès l’automne au Parlement, après sa présentation fin septembre en Conseil des ministres. Traduction budgétaire de la politique d’Emmanuel Macron, il est d’ores et déjà dans le viseur des différents groupes d’opposition. Olivier Marleix, président des députés Les Républicains juge ce mardi qu’il sera « extrêmement compliqué » de le voter. Marine Le Pen évoque la possibilité de voter certaines mesures mais refuse tout blanc seing à ce stade. Quant à la NUPES, elle prépare son contre-budget.

Une discussion très tactique

Le risque est donc grand pour le gouvernement, qui ne dispose que d’une majorité relative à l’Assemblée. D’où la création de ces « Dialogues de Bercy », méthode présentée comme innovante qui vise à interroger les oppositions pour trouver (il faudra beaucoup de chance) quelques compromis. D’un point de vue stratégie, il s’agit aussi pour le gouvernement d’illustrer sa volonté d’ouverture, même si des macronistes se préparent déjà à devoir passer par l’article 49-3. S’il fallait en arriver là, les discussions du jour permettront à la majorité de renvoyer la faute sur les autres partis. La tactique classique du « c’est pas moi, c’est eux ».

« Notre responsabilité collective, c’est de donner un budget au pays. Même si une partie de l’opposition a annoncé qu’elle ne laisserait aucune chance à ce projet de budget avant même de l’avoir lu, nous continuons à dialoguer », expliquait ainsi Gabriel Attal, ministre des Comptes Publics, en fin de semaine dernière à l’AFP.

Le gouvernement entend présenter aux parlementaires ses « pistes » et « arbitrages en cours », sans oublier d’échanger sur leurs contre-propositions. Même si « des lignes rouges » ont déjà été fixées, a rappelé la patronne des députés Renaissance Aurore Bergé : ni impôts ni dettes supplémentaires. Mais « nous sommes prêts à faire des évolutions », assure-t-elle.

Qui sera là ?

Répondant à Gabriel Attal sur Le HuffPost, le député LFI Éric Coquerel s’était dit ouvert à la proposition, mais pas sans méfiance. « En lisant l’interview de monsieur Attal dans Le Parisien, j’ai un peu de mal à voir comment on pourrait évoluer les uns vers les autres », mettait-il en garde. En tant que président de la Commission des Finances de l’Assemblée, il sera bien présent pour ce premier tour de table, mais n’exclut pas de claquer la porte si l’exercice « sert uniquement à la communication du gouvernement ».

Même son de cloche à droite : « Ces dialogues de Bercy, c’est un exercice de communication, et même une petite escroquerie parce qu’en réalité, le gouvernement s’en sert pour compenser le fait qu’il a piqué une semaine de temps parlementaire en décalant la présentant du projet de loi de finances », a fustigé Olivier Marleix sur franceinfo ce mardi. Les élus LR iront malgré tout, car « on ne pratique pas la politique de la chaise vide ». Côté Rassemblement national, après avoir refusé l’invitation dans un premier temps, le ton a changé : « On va au moins à la première réunion pour voir si c’est concret ou si c’est de la com' », a déclaré le député RN Jean-Philippe Tanguy.

Trois autres réunions sont déjà prévues, les 15, 20 et 21 septembre. Reste à savoir si tous les participants reviendront autour de la table.

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