Le sauvetage de la maternité des Lilas, "un combat pour la liberté" selon ses soignants et usagers

FÉMINISME - “Nous sommes les avant-gardistes de tout.” Vendredi 29 avril, quelques dizaines de soignants et usagers de la célèbre maternité des Lilas, située en région parisienne, ont manifesté devant le ministère des Solidarités et de la Santé à Paris pour réclamer la sauvegarde de ce lieu emblématique pour les droits des femmes et le droit à l’avortement.

Fondée en 1964, cette maternité de niveau 1 (sans grossesses à risque) fut l’une des premières en France à prôner la liberté d’accoucher à l’aide des techniques de son choix, y compris de manière physiologique et non médicalisée. Mais depuis une dizaine d’années, le lieu est aux prises avec des difficultés financières et les équipes exercent dans des locaux vétustes. Celles-ci pourraient donc perdre leur habilitation de l’État le 2 juin.

Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article, soignants et usagers expliquent au micro du HuffPost pourquoi il est impératif de préserver cet établissement.

C'est un combat pour la liberté, pour un lieu humain qui n'est pas une usine à bébés.Reda, médecin à la maternité des Lilas

La maternité des Lilas, “c’est le respect du rythme des nouveaux-nés, des mamans accouchées, c’est prendre son temps avec chaque patiente, chaque nouveau-né”, nous explique Cécile, auxiliaire de puéricultrice. “On a été les premiers à exercer des IVG, quand ce n’était pas encore autorisé par la loi. Les lois sont passés pas là”, vante également Zahra, gynécologue-obstréticienne, à propos de l’histoire de l’établissement.

Non à un déménagement hors des Lilas

Une pétition signée par plus de 35.000 personnes et lancée par une usagère, Jeanne Barral, réclament aujourd’hui à l’État un renouvellement des autorisations d’exercer et un soutien financier. Selon France 3, un projet de reprise et de possible déménagement est à l’étude, mais il ne convient pas aux équipes pour des raisons de logistique et de philosophie.

“Les objectifs et engagements des repreneurs potentiels ne sont pas clairs quant au maintien de l’activité de maternité et son statut associatif à but non lucratif, soutenu par le secteur public. Si la maternité devait se conformer à des objectifs de rentabilité (impliquant des actes tarifiés type césarienne) ou même disparaître, ce serait des milliers de patient.e.s dans le 93, département avec des enjeux médicaux et sociaux particulièrement lourds, sans solution pour accoucher, être suivi.e, et avorter librement”, alertent les signataires.

Lors de cette mobilisation, une délégation des soutiens de la maternité a été reçue au ministère, permettant ainsi d’obtenir un sursis. “Nous avons obtenu une prolongation de l’habilitation d’un an grâce à une procédure Covid et le ministère attend notre projet”, affirme au HuffPost Jeanne Barral, au lendemain de cette manifestation, ajoutant que la mairie des Lilas leur a aussi “réaffirmé sa volonté de tout faire pour reconstruire une maternité sur son territoire et ou à proximité en gardant les pratiques, la philosophie et le personnel”.

À voir également sur Le HuffPost : Pour défendre l’IVG à l’Assemblée, cette députée enceinte a trouvé les mots justes

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles